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Et si on imaginait le futur du numérique ?

L'interview de Camille Pene, Directrice de Futur.e.s festival...

 camille eneCamille Pène est directrice du festival Futur en Seine chez Cap Digital. Avec plus de 22 000 visiteurs, Futur en Seine est un des événements majeurs dédié à l’innovation numérique en Europe. Auparavant, elle a occupé les fonctions d’International Relations Manager chez Paris & Co où elle a développé un réseau d’incubateurs de startups pour renforcer l’accueil des entrepreneurs internationaux à Paris. Elle a également travaillé au Labo de l’édition et au MoMA.

 Le festival est organisé du 21 au 23 juin 2018 à la Grande Halle de la Villette.

Pouvez-vous nous expliquer les missions de CAP DIGITAL ?

Bien sûr. Cap Digital  est un pôle de compétitivité  installé en Ile-de-France et qui rassemble près de 1000 adhérents, acteurs de l’économie numérique, startup, grandes entreprises, universités ou encore investisseurs. La mission de Cap Digital, c’est d’accompagner tout cet écosystème dans son développement et aussi dans sa croissance.

  

Quelle est la genèse de Futur.e.s ?

La création du festival remonte  à 2009, nous fêterons d’ailleurs la 9ème édition cette année. Souvenez-vous, en 2009 le numérique était encore un marché balbutiant et par conséquent, beaucoup moins présent dans l’économie qu’aujourd’hui. C’est dans cette logique que Cap Digital a souhaité lancer un festival ouvert au grand public, pensé dans le même esprit que la fête de la musique. En somme, une grande fête populaire du numérique, pour éduquer le grand public aux nouvelles technologies et aux nouveaux produits et services numériques.

 

Le grand public prend-il réellement conscience de toutes les transformations actuelles liées au numérique ? 

Bien entendu. Nous avons un public extrêmement divers, 40% sont des professionnels et 60% de nos participants sont des étudiants, des familles, des scolaires ou des reconversions professionnelles qui ont compris l’impact du numérique dans leur vie future. En fait, Futur.e.s est un rendez-vous incontournable pour tout l’écosystème du numérique, parce que nous avons des acteurs publics, des startups et des grandes entreprises qui viennent rencontrer des partenaires, identifier les grandes tendances, former leurs collaborateurs. 
Je tiens d’ailleurs à souligner que nous sommes le seul événement tech de cet ampleur ouvert à tous et gratuit. Avec Futur.e.s, il y a une vraie notion de sensibilisation des publics.

 

Justement, la France est-elle bien positionnée sur les questions liées aux innovations ? 

Oui,  la France se positionne  de mieux en mieux. Ce qui montre que l’écosystème est tonique, c’est le nombre de startups et d’incubateurs,  comme de structures et de guichets pour les accompagner.  C’est clairement le signe d’une vitalité qui est aussi nourrie par la visibilité de la France sur de grands événements internationaux. Pour être plus précise, au CES à Las Vegas, la France était l’une des plus grosses délégations et près de la moitié des startups françaises présentes était déjà passée par Futur.e.s Paris a aussi reçu le prix de la ville la plus innovante au Web Summit de Lisbonne. Autant de signes qui démontrent notre dynamisme  sur ces enjeux-là. 
Pour autant, je vais aussi nuancer mon propos. Même si nous avons d’excellents ingénieurs et écoles, la France a encore des retards préoccupants à combler, en raison notamment d’un manque d’investissement. On le voit actuellement sur les sujets d’intelligence artificielle.

 

Le numérique suscite beaucoup d’enthousiasme et en même temps génère des  appréhensions, notamment sur la question des données, l’AI, les robots… comment les lever ?

Mon rôle en tant que Directrice d’un festival numérique, c’est de créer un temps événementiel pour permettre aux visiteurs de comprendre les points d’attention et de vigilance, qu’ils soient par exemple vis à vis des données personnelles ou de la neutralité du net. Il y a une kyrielle de nouveaux métiers qui sont en train d’être lancés dans le numérique : casteur pour le e-sport, pilote de drone, data analyst…Ce sont des opportunités pour les jeunes, pour leur futur.  Et puis le numérique est sans doute un moyen de gérer de manière plus prudente et écologique nos ressources. À mon sens, il faut  oser tester, expérimenter, s’informer. 

  

Les femmes dans le numérique c’est un vrai sujet. Comment les faire rayonner davantage ? 

Aujourd’hui, la tech est un secteur en croissance qui représente un fort levier d’emploi mais il est vrai que les femmes sont clairement sous-représentées.
Pour donner envie aux jeunes filles de s’engager dans ces métiers,  j’ai la conviction qu’il faut mettre en valeur des "roles models".  En vérité, les femmes du numérique doivent être plus visibles et plus audibles. Pour autant, il faut se donner la peine de les chercher parce qu’elles sont parfois plus discrètes. Futur.e.s s'engage à avoir 50% d'intervenantes femmes parmi ses intervenants.

 

Y a-t-il des innovations qui vous touchent plus spécifiquement ?

Pour tout vous dire, les innovations numériques auxquelles je suis sensible sont celles qui apportent des solutions aux problèmes actuels et partagés, par exemple sur l’environnent, la pollution. J’aime aussi les projets qui touchent à la question de l’éducation. Oui, le numérique est une opportunité pour redistribuer les savoirs, les rendre accessibles à tous, autonomiser certains apprentissages.

 

L’été, il y a une concentration d’événement tech à Paris : cette concomitance n’est-elle pas problématique ?

À mon sens, tout dépend d’où on se place. Pour tout remettre en perspective, il existe en effet une vraie complexité, notamment pour les organisateurs de ces événements, parce qu’ils évoluent désormais dans un environnement extrêmement concurrentiel.  Par extension, cette multiplicité d’événements rejaillit du côté des financeurs qui sont sur-sollicités. Pour eux, l’enjeu c’est de réfléchir qui financer et pour quelles raisons. Est-ce un pour un enjeu de visibilité ? Est-ce qu’il y a une logique de soutien à l’écosystème de l’innovation ? Est-ce parce qu’il y un enjeu d’acculturer les collaborateurs et d’amplifier le mouvement de transformation numérique engagé dans leur entreprise ? Est-ce aussi un enjeu d’intérêt général en soutenant un numérique ouvert, distribué, pour le bien commun et le futur souhaitable ?
Du point des visiteurs, c’est une vraie opportunité : en réalité, chaque événement a sa spécificité.

  

Quels sont les grands temps forts de Futur.e.s ?

Nous avons pensé Futur.e.s comme une expérience numérique, dont chaque participant peut tirer des apprentissages et des envies concrètes d’engagements. 
De fait, le festival est structuré autour de 3 activités qui s’enchaînent de façon progressive même si chaque visiteur garde aussi la liberté d’organiser sa propre visite.
Concrètement, les conférences et Masterclass sont l’occasion de s’inspirer en écoutant des innovateurs, des chercheurs, des entrepreneurs, qui souhaitent partager  des clés de compréhension de la transformation numérique du monde.
Une fois notre public inspiré, nous l’invitions à tester et explorer, par l’intermédiaire de parcours immersifs. Enfin, pour aller plus loin, nous avons ouvert des sessions de co-création, d’innovation collaborative et prospective sur des enjeux cruciaux du monde d’aujourd’hui. C’est une belle opportunité pour que les entreprises et les usagers travaillent ensemble pour inventer le monde de demain.

 

Auparavant Futur en seine, désormais Futur.e.s festival, quelle est la genèse de ce changement de nom ?

Effectivement, en octobre 2017 le festival a changé de dénomination, d’abord pour marquer sa transformation et son changement de nature. Auparavant nous étions un rendez-vous unique, au mois de juin ; aujourd’hui, nous avons plusieurs temps forts, dont le dénominateur commun est une vision de l’innovation. Futur.e.s incarne  à la fois une plateforme événementielle et internationale.
L’autre point qui me paraît important, et j’imagine qu’il ne vous a pas échappé, c’est l’usage de l’écriture inclusive dans ce changement de nom. De toute évidence, ce choix s’inscrit dans notre ADN, pour montrer que plusieurs futurs sont possibles. Et c’est aussi un marqueur de diversité, d’inclusivité.
Ce que j’attends de Futur.e.s, c’est que l’on continue à être un rendez-vous incontournable pour les professionnels mais qu’on attire aussi de plus en plus de jeunes, d’enfants et de publics éloignés du numérique parce que ce sont clairement les métiers de demain.
Il existe encore un événement gratuit pour le numérique et j’aimerais que des personnes profitent pleinement de cette opportunité pour s’informer ou se former, faire des rencontres inspirantes qui peut-être changeront leur vie.

 

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