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40 ans d’ISCOM, 40 ans d’ICÔNES : Mathilde Blanchard

Portrait de Mathilde Blanchard, chargée de communication au Ministère de l’Intérieur

À l’occasion de ses 40 ans, l’ISCOM, école de communication, célèbre celles et ceux qui incarnent son expertise et son rayonnement à travers le monde : ses anciens étudiants.
Tout au long de l’année, 40 portraits mettront en lumière des parcours inspirants, des trajectoires singulières et des professionnels engagés qui façonnent aujourd’hui le monde de la communication.

Nous donnons la parole à Mathilde Blanchard, chargée de communication au Ministère de l’Intérieur, et diplômée de l’ISCOM en 2004.

 

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Un parcours construit par étapes

Pouvez-vous revenir sur votre parcours depuis l’ISCOM ?

"Je suis sortie de l’ISCOM Lyon en septembre 2024, donc je suis une jeune diplômée ! Mon parcours a débuté dans le secteur public, à la préfecture de la Loire, où j’ai travaillé en tant que vacataire pendant le déconfinement. J’ai ensuite eu envie de travailler sur une thématique spécifique avec des enjeux humains, sociaux... J’ai ainsi rejoint la Direction générale des étrangers en France (DGEF) en tant que stagiaire. Puis les choses se sont enchaînées naturellement : j'ai eu la chance de rejoindre l'équipe de Camille Chaize, la porte-parole du ministère de l'Intérieur. J'y suis restée plus de deux ans, évoluant du statut de stagiaire à celui d'alternante, puis en contrat en tant que chargée de communication digitale. Quand Camille Chaize a quitté ses fonctions, j'ai naturellement poursuivi mon chemin au sein du ministère en intégrant le département édito. J’y occupe aujourd’hui le poste de brand content / chargée de communication digitale pour les réseaux sociaux @Interieur_gouv, où je travaille depuis près d’un an."

 

L’ISCOM, une parenthèse fondatrice

Quel souvenir gardez-vous de vos années à l’ISCOM ?

"Je ne garde que de très bons souvenirs de mes années à l’ISCOM. En cinq ans, il y a forcément eu de nombreuses expériences ou projets.... Mais comme beaucoup d’anciens élèves, je retiens surtout les semaines de challenge. Ces semaines étaient quand même (très) intenses et nous poussaient à sortir de notre zone de confort : on devait trouver des idées rapidement, collaborer avec des personnes avec lesquelles on n’avait pas forcément l’habitude de travailler, et s’adapter en permanence. Elles nous obligeaient à nous dépasser, à tester, à oser... Aujourd’hui, avec ce recul, je me rends compte à quel point ces challenges sont utiles dans ma vie professionnelle. Ils m’ont appris à faire confiance à ma créativité, à défendre certaines de mes idées et à ne pas avoir peur d’oser."

 

Comment décririez-vous l’esprit ISCOM en quelques mots ?

"Mon premier mot, qui me vient à l'esprit c'est la bienveillance. À l’ISCOM, on nous encourage à être créatif, à tester, à oser des idées, à sortir du cadre... et tout ça dans un climat bienveillant. Ça fait du bien d’apprendre dans un environnement qui valorise l’audace plutôt que la peur de se tromper. Je pense souvent à une phrase d’un intervenant, qui disait que c’était “nul” de dire à un élève qu’il n’y arriverait jamais. Lui préférait parler d’axes d’amélioration et ça change tout. Avec cette approche, on ne se sent pas “mauvais”, on se sent en progression. Ça donne confiance, ça donne envie d’aller plus loin, de faire mieux, de se dépasser... sans jamais se sentir rabaissée."

 

Entre vision stratégique et impact culturel

Quel est votre rôle aujourd’hui au ministère de l'Intérieur ?

"Je suis chargée de communication digitale et brand content. Je suis donc en charge avec mes collègues de planifier les contenus, d’écrire des textes, produire des vidéos, faire du montage... Ce que j’adore par-dessus tout, c’est que mes journées ne se ressemblent jamais. Le ministère de l’Intérieur, c’est un ministère de terrain avec une multitude de sujets différents, au cœur de la vie des citoyens et souvent en première ligne lors de crises. Un jour, je peux travailler sur les violences conjugales, le lendemain sur des campagnes de prévention sur les arnaques, les élections.... puis monter des reportages pour mettre en avant le métier de préfet... Au ministère, il y a aussi les grands évènements à couvrir comme les JO, la visite du Pape à Marseille ou la Coupe du monde de rugby. C’est varié, et c’est exactement ce qui me passionne dans ce métier."

 

Quelles compétences ou qualités sont, selon vous, indispensables pour réussir dans votre domaine ?

"La curiosité avant tout. Il faut s’intéresser à énormément de sujets. Ensuite, avoir une belle plume et être créatif. Même dans le public, on peut (et on doit) sortir des formats classiques."

 

Le monde de la communication évolue vite : comment gardez-vous une longueur d’avance ?

"Beaucoup de veille. Je regarde ce qui se fait partout : dans le secteur public, le privé, chez les créateurs de contenu... En France mais aussi à l’étranger.... C’est comme ça qu’on continue à évoluer. Et je reste aussi très ouverte ! Dans nos métiers, pour moi il est essentiel de garder l’esprit curieux et de ne pas se fermer lorsqu’un nouveau réseau social ou de nouveaux outils apparaissent. Il faut continuer à se former ! Même en dehors de l’école ou une fois diplômé."

 

Conseils à la nouvelle génération

Avec le recul, qu’auriez-vous aimé savoir en sortant de l’école ?

"J’aurais aimé savoir à quel point un environnement bienveillant est important. À l’ISCOM, j’ai eu la chance d’évoluer dans ce cadre, et certains intervenants nous disaient que dans le monde professionnel, ce n’était pas toujours le cas et qu’on allait nous le reprocher... Qu’à l'école on nous “protégeait” trop. Je ne suis pas d’accord : se sentir respecté, écouté et épanoui dans ce que l’on fait est essentiel. J’ai toujours fait mes choix en fonction de cela. Une fois, j’ai passé un entretien dans une entreprise où les managers ne m’ont pas donné confiance et voulaient me rappeler que j’étais “juste la stagiaire”. On m’a proposé le stage, mais j’ai refusé. Je me suis écoutée, et je ne regrette pas : cela m’a permis de rejoindre ensuite la préfecture, dans un environnement beaucoup plus stimulant ! Mon conseil : écoutez-vous et faites-vous confiance. Si vous ne vous sentez pas bien quelque part, ayez le courage de partir. Entourez-vous de collègues qui vous soutiennent et vous inspirent. La bienveillance est pour moi un moteur puissant pour progresser, professionnellement comme personnellement."

 

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui rêvent d’un poste comme le vôtre ?

"Je leur dirais de pousser les portes. La communication publique est un métier qui a du sens, donc si ça vous attire, faites un stage, une alternance.... Et orientez-vous vers les bonnes options à l’école. Et aussi, de ne pas vouloir rentrer dans certaines cases qu’on peut penser pour réussir. Dans le secteur public aussi, on peut apporter sa touche personnelle, ce petit grain qui fait la différence, et participer à sa manière à quelque chose de plus grand."

 

Quelle erreur vous a le plus appris dans votre carrière ?

"Un jour, j’ai écrit dans notre planning éditorial une idée de sujet pour la porte-parole : parler d’une application populaire chez les jeunes, mais qui posait pas mal de problèmes de sécurité. Quelques jours plus tard, le thread était publié sur les réseaux et... il y a eu un buzz médiatique ! Sur le coup, j'avoue que j'étais mal à l'aise. D'un coup, les projecteurs étaient braqués sur le ministère, et les responsables de l'application voulaient rencontrer la porte-parole. J'avais cette impression désagréable d'avoir perdu la main sur toute cette histoire. Mais aujourd'hui, avec un peu de recul, je réalise à quel point c’était important de le faire. Elle a permis d'ouvrir les yeux aux jeunes et à leurs parents sur les risques de cette application, tout en alertant ses créateurs, qui n'étaient visiblement pas préparés à un tel succès. J'ai vraiment mesuré le poids que pouvait avoir une simple prise de parole, et cette “aventure” m'a énormément appris, autant sur la communication qu’on peut perdre la main dessus que sur la manière de gérer le stress."

 

Quels réflexes ou habitudes recommanderiez-vous à un jeune communicant qui débute ?

"Rester curieux, ouvert, humble. Ne jamais se dire : “c’est bon, je sais”. En communication tout change tout le temps. On apprend tous les jours. La veille, c’est indispensable. Moi, je fais ma veille le matin dans les transports pour suivre l’actualité et je consacre également du temps à la veille créative sur les réseaux sociaux."

 

Selon vous, qu’est-ce qui fait la différence entre un bon communicant et un excellent communicant aujourd’hui ?

"Alors pour moi, un bon communicant exécute bien. C’est à dire qu’il fait ce qu’on lui demande, il connaît bien les outils et va suivre son planning... Alors qu’un excellent communicant se questionne, propose, pense plus loin. Il n’attend pas toujours qu’on lui dise quoi faire : il anticipe, il va proposer ses idées à ses responsables, il ose."

 

Vision et inspiration

Quelle est votre vision de l’avenir de la communication ?

"Forcément je pense au monde actuel et ses enjeux sociaux, politiques, environnementaux, technologiques... qui rendent la communication encore plus essentielle. Je pense que le besoin de communication vraie, transparente et responsable est plus fort que jamais. La communication joue un rôle essentiel pour informer, rassembler et créer du lien. Le métier évolue rapidement, notamment avec les nouvelles technologies. L’ia et les réseaux sociaux offrent de très belles opportunités, mais ils posent aussi des défis... je pense notamment à la désinformation et les fake news, déjà très présentes dans la communication publique, et même provenant de certains pays. Cela rend notre rôle encore plus crucial : nous devons continuer à vérifier, à contextualiser, à expliquer, et à garder la confiance des citoyens. Je crois aussi que la communication sera de plus en plus créative et stratégique, car il faudra inventer de nouvelles façons de toucher les publics, d’interagir.... Pour moi, l’avenir du métier repose sur un équilibre entre technologie, créativité et éthique : comprendre les outils, les utiliser intelligemment, mais toujours garder l’humain au centre."

 

Y a-t-il une marque, une campagne ou un professionnel qui vous inspire particulièrement ?

"Il y a en a énormément mais une qui m'a particulièrement marqué cette année c’est celle de Saint-Pierre-et-Miquelon et sa campagne “OQTF revisitée”. J’ai trouvé ça particulièrement malin d’utiliser l’humour pour répondre à une polémique d’origine politique. Leur réaction a été à la fois rapide, intelligente et parfaitement bien trouvée pour mettre en avant leur territoire ! Transformer un bad buzz en opportunité de communication positive demande une vraie maîtrise, et ils ont su le faire avec créativité et audace."

 

Si vous deviez donner une seule phrase à retenir pour les étudiants de l’ISCOM, ce serait laquelle ?

"Sortez des cases, défiez les règles et foncez : c’est comme ça qu’on crée la communication de demain."

 

Le mot de la fin

La communication, c’est...

"Un terrain de jeu où les seules limites sont celles qu’on se pose."

 

Un conseil que vous auriez aimé recevoir à 20 ans ?

"C’est normal de ne pas savoir où l’on va à 20 ans. Beaucoup ne le savent jamais vraiment, et ce n’est pas grave. L’essentiel est d’aimer ce qu’on fait sur le moment, de rester aligné avec ses valeurs... et surtout de se faire confiance."

 

Votre mantra professionnel en 5 mots ?

"Faire confiance à ses intuition"

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