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Mon métier de directeur artistique

À ISCOM, les profils créatifs sont nombreux et très divers. Brice Grand, diplômé du campus ISCOM de Lyon en 2019, a notamment la charge de la direction artistique de l’AS Saint-Étienne.

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour ! Je m’appelle Brice Grand, j’ai 26 ans et je fais de la direction artistique à l’AS Saint-Étienne. Je suis passionné par la création, le design et l’art dans sa globalité. Ce que je préfère le plus dans ces domaines est de créer l’identité qui collera le mieux à la marque, le reflet de ce qu’elle est. C’est passionnant et c’est ce qui m’anime quotidiennement depuis quelques années maintenant !

 

Quel est votre parcours ?

Après l’obtention de mon Bac L en 2014, je ne savais pas trop où me diriger comme beaucoup de jeunes étudiants. J’étais fan des livres de Beigbeder et je crois que je me faisais tout un monde du milieu de la pub/communication. J’étais également passionné de dessin, de création, d’illustration, de graffiti que je pratiquais en association, et c’est assez naturellement que je me suis dit que je pourrais peut- être trouver ma voie dans cette branche-là. J’ai donc fait un BTS Communication où je me suis passionné pour Photoshop et Illustrator. J’en faisais par exemple minimum 3/4h par soir après les cours. Je me suis lancé comme auto-entrepreneur à 19 ans car j’avais de la demande, et les choses se sont faites assez naturellement. J’ai ensuite enchainé avec des études à ISCOM Lyon option Créa 360, et j’ai obtenu en 2019 mon diplôme de Manager de la Marque.

J’ai été approché par l’AS Saint-Étienne pour la création d’une campagne de communication lors de ma première année à ISCOM Lyon. J’ai ensuite enchainé, à l’ASSE, les stages, l’alternance, pour conclure avec un CDI à l’obtention de mon diplôme. Après 4 saisons au club, j’ai eu l’opportunité de rejoindre l’AS Monaco, où je suis resté 6 mois. En septembre 2021, l’ASSE m’a fait une proposition pour revenir que je n’ai pu refuser. J’étais très heureux de retrouver une ambiance de travail qui m’avait manqué. J’ai désormais la charge de la direction artistique du club.

 

Évoluer dans le monde du sport a-t-il toujours été un objectif pour vous ?

Rien ne me prédestinait à travailler dans ce milieu-là, mais j’ai eu l’opportunité de le découvrir. Dans la vie privée, je suis plutôt axé vers le monde du sport auto/moto, la nature, les grands espaces, le sport plus largement. Mais le monde du football, qui plus est à Saint-Étienne, est un monde à part qui procure des sensations décuplées par rapport à une entreprise « plus classique ». On vit au gré des résultats, des saisons, des joueurs, des émotions, il faut jongler avec ça et c’est ce qui rend le métier plus intéressant.

Le sport est aussi une industrie qui génère énormément de visibilité, d’argent, d’évènements, avec une activité marketing/communication en perpétuelle renouvellement et développement. Il ne faut pas louper le train !

 

Comment se déroule une journée de directeur artistique de l’ASSE ? Quelles sont vos missions au quotidien ?

Aucune journée ne se ressemble ! C’est l’avantage du milieu du sport. J’ai la chance d’avoir un alternant à mes côtés. Nous débutons donc la journée par un point où l’on se fixe les objectifs du jour et les briefs à faire dans la journée pour les différents pôles (billetterie, marketing, communication, boutique, musée, formation …). Nous faisons quasiment tout en interne. Depuis que nous sommes 2, je prends plus le temps de faire de la veille en termes de design, je regarde ce que font les autres clubs, comment ils communiquent, ce qu’ils produisent et tout cela m’inspire.

Je gère également la direction artistique de nos différents sujets, il y a notamment des projets qui nécessitent plus de temps que d’autres. Je pense aux 90 ans du club qui arriveront en 2023. Des exemples de missions ? La campagne d’abonnement, la photo officielle, la charte digitale etc … Mon rôle est aussi de veiller à la bonne utilisation de notre charte graphique dans nos différents centres de profits. Il y a ensuite tous les projets du « quotidien », de plus petites envergures, destinés aux réseaux sociaux ou aux différents pôles. En projets plus récurrents, il y a forcément la préparation du match et les besoins en visuels qui reviennent demanière hebdomadaire. Tous les projets sont intéressants et permettent d’élargir ma palette de compétences.

 

Quelles sont les particularités d’être DA d’un club sportif en comparaison d’un poste en agence ?

En agence, nous sommes cantonnés à un poste bien précis, alors que dans un club comme l’AS Saint- Étienne, à savoir un club à taille humaine et non pas une multinationale comme peuvent l’être les clubs européens, la polyvalence est de rigueur. C’est-à-dire que dans ma jeune carrière, j’ai pu, entre autres, toucher à la DA, la photographie, l’illustration, le motion-design, l’évènementiel, la conception rédaction. Mon poste est très diversifié et c’est ce qui fait sa richesse à mes yeux.

En revanche, un poste en agence permet de se diversifier dans le style grâce à la pluralité de clients et de sujets. Il faut simplement savoir ce que l’on recherche et ce qui est le plus adapté à nos envies/besoins.

 

Avez-vous vu des changements ces dernières années dans la communication des clubs ? Pensez-vous que c’est devenu un enjeu primordial pour les acteurs du monde du football ?

Oui bien sûr. La communication des clubs a beaucoup évolué avec les années, c’est désormais un enjeu principal pour les clubs (même si ça l’étais déjà auparavant) notamment avec l’émergence des réseaux sociaux. Les clubs ont des enjeux de notoriété et pour se faire, ils s’appuient sur différents leviers : des collaborations avec des artistes, des créations de campagnes, de visuels, de maillots, des e-évènements, de l’animation de communauté, le recours à la photographie... Pour certains clubs, ce sont des pôles de 50 personnes qui gèrent ça, c’est parfois plus qu’une agence, avec des moyens plus conséquents.

Je pense que c’est une très bonne chose, cela montre l’éveil qu’il y a autour de ces sujets et l’importance du design, de la communication et du marketing qui existe dans le football et le sport en général. La création fait partie intégrante du fonctionnement d’un club. C’est elle qui véhicule les codes et valeurs du club, du territoire et ses composantes.

 

L’ASSE a récemment changé de logo et vous avez été au cœur du processus de création, pouvez-vous nous en raconter le cheminement ?

Effectivement, le gros sujet de la saison passée a été le changement de notre identité avec un nouveau logo, une nouvelle signature, et un nouveau brandbook : un rebranding total.

J’ai eu la chance de créer le logo et toute cette identité, et pour un Stéphanois de naissance c’est un projet complètement dingue. J’ai beaucoup appris durant cette année de création. Nous avons fait un projet collaboratifavec nos supporters, une méthode pionnière en France qui fut très enrichissante.

 

Nous avons commencé par une étude quantitative, réalisée en ligne, en questionnant les sympathisants stéphanois. Formes, couleurs, mentions, tous les sujets étaient abordés et nous avons reçu plus de 15000 réponses.

Ensuite, nous avons fait des réunions avec un panel de 42 personnes toutes choisies pour leur intérêt pour le club : anciens joueurs, supporters emblématiques, historiens, ultras, jeunes supporters. Grâce à ces ateliers et aux différents échanges, des lignes créatrices se sont dessinées en composant avec tous les éléments.

De ces échanges sont nés trois logos dont deux produits par une agence qui avait été choisie pour nousaccompagner sur ce sujet. Connaissant parfaitement l’environnement et les attentes du club, j’ai pris l’initiative de créer un logo de mon côté. Nous avons ensuite soumis aux votes ces 3 logos (en ligne) et c’est celui que j’ai créé qui a remporté le plus de suffrages de la part des supporters (16 000 votants, 61% des suffrages contre 16% et 23% pour les deux autres logos). Un sentiment de joie et de fierté inexplicable, l’aboutissement d’années de travail.

Ce fut plusieurs mois de travail intense en interne avec les pôles marketing et communication, et cela restera un projet dont je me souviendrai à vie.

 

 

Image
AS-Saint-Étienne-logo

 

 

 

Comment voyez-vous votre futur ?

Je ne sais pas de quoi le futur sera fait, mais j’espère qu’il sera au moins tout aussi intéressant que ces dernières années à créer ! J’espère continuer à grandir, me perfectionner, et surtout garder la même envie d’entreprendre et de créer. Je souhaite développer mes projets d’auto-entrepreneuriat pour élargir mon activité dans d’autres milieux que le football. La curiosité est la clé de cet épanouissement et je me souhaite de l’être encore longtemps ! Je me lève tous les matins et je n’ai pas l’impression d’aller travailler, what else ?

 

Un immense merci à Brice Grand pour avoir répondu à nos questions ! Si vous souhaitez en savoir plus sur son parcours, venez à sa rencontre lors du Samedi de l'Orientation le 3 décembre prochain : www.samedi-orientation.fr

 

 

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