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40 ans d’ISCOM, 40 ans d’ICÔNES : Aurélien Rubod

Portrait de Aurélien Rubod, Co-fondateur et compositeur à Agence Blue.

À l’occasion de ses 40 ans, l’ISCOM, école de communication, célèbre celles et ceux qui incarnent son expertise et son rayonnement à travers le monde : ses anciens étudiants.
Tout au long de l’année, 40 portraits mettront en lumière des parcours inspirants, des trajectoires singulières et des professionnels engagés qui façonnent aujourd’hui le monde de la communication.

Nous donnons la parole à Aurélien Rubod, Co-fondateur et compositeur à Agence Blue, et diplômée de l’ISCOM en 2011.

 

PROCHAINS ÉVÉNEMENTS

 

Un parcours construit par étapes

Pouvez-vous revenir sur votre parcours depuis l’ISCOM ? 

"J’ai fait mon dernier stage de 4ᵉ année dans une boîte à Londres qui s’appelait The Reel, et qui a depuis été rachetée puis intégrée à ce qui est aujourd’hui Shots.net. À l’époque, c’était une petite structure londonienne, mais c’était surtout une porte d’entrée incroyable dans le monde de la production publicitaire au Royaume-Uni. On voyait passer les campagnes les plus créatives du moment.  Ça a clairement formé mon goût pour les films publicitaires. Le fait d’être entouré de ce contenu-là, de l’analyser au quotidien, m’a donné envie d’en faire partie, d’une manière ou d’une autre. À ce moment-là, je pensais encore surtout par l’image. 

Je suis resté presque cinq ans à Londres, à bosser dans la pub et la tech en tant que graphiste. En parallèle, je faisais toujours de la musique. En 2015, un ami réalisateur, qui me connaissait aussi comme musicien, m’a proposé de composer la musique d’un de ses films publicitaires, et c’est à ce moment que tout a commencé à changer très rapidement pour moi. J’ai quitté un poste en agence où j’étais bien, avec une vraie sécurité, pour me lancer dans l’incertitude totale du freelancing en tant que compositeur. L’année suivante, j’ai déménagé à Los Angeles, pour me rapprocher du cœur de la production, aussi bien publicitaire que cinématographique. 

Les deux premières années ont été très compliquées. J’ai fait tous les petits boulots possibles a LA : chauffeur VTC, assistant de production sur des tournages (souvent pour faire du café). Je suis passé de DA en agence à quelqu’un que les DA sur les plateaux ne regardaient même pas. Ça peut sonner un peu “post LinkedIn”, mais c’est juste la réalité. Petit à petit, j’ai trouvé ma place. Les projets sont devenus plus intéressants, les clients plus confiants.

En 2022, j’ai fondé Bleue (www.bleue.tv), une agence de musique et de son basée à Los Angeles. Aujourd’hui, on travaille avec des marques comme BMW, Yves Saint Laurent, et sur des productions pour HBO, Netflix, entre autres."  

 

Quel souvenir gardez-vous de vos années à l’ISCOM ? 

"Surtout de très bons souvenirs humains. La communication est un petit milieu, et on se recroise souvent. Ça m’est arrivé plusieurs fois de travailler sur des campagnes avec des gens que j’avais connus à l’ISCOM, parfois des années plus tôt. Au-delà des cours, l’école m’a surtout appris à observer, à analyser, et à comprendre comment les choses s’articulent dans la vraie vie professionnelle." 

 

Comment décririez-vous l’esprit ISCOM en quelques mots ? 

"Curieux, assez libre, et surtout très orienté terrain. Une école qui pousse à comprendre le monde réel, pas juste la théorie." 

 

Quel est votre rôle aujourd’hui chez Bleue ? 

"Je suis co-fondateur de Bleue, agence de musique et de son. À la base, je suis compositeur, mais avec le temps, mon rôle a évolué. Aujourd’hui, j’accompagne aussi nos partenaires sur la dimension plus stratégique de la musique et du son.  Plus j’avance, plus je suis fasciné par le pouvoir du son. Son impact sur les émotions, la mémoire, le bien-être, et même la prise de décision.

Il y a énormément de recherches là-dessus. Par exemple, on sait aujourd’hui que les marques qui alignent vraiment leur identité avec une identité sonore cohérente améliorent très fortement la mémorisation. 

Chez Bleue, on aime creuser ces sujets-là, autant que composer de la musique sur mesure pour des films ou faciliter des projets de synchro via notre librairie. C’est cet équilibre entre réflexion et création qui me stimule le plus." 

 

Quelles compétences ou qualités sont indispensables pour réussir dans votre domaine ? 

"La curiosité, avant tout. Et la capacité à se passionner pour presque n’importe quoi. Peu importe le métier, ce qui compte c’est la soif de comprendre." 

 

Le monde de la communication évolue vite : comment gardez-vous une longueur d’avance ? 

"Les réseaux sociaux vont très vite, parfois trop vite. L’important, c’est d’identifier les sources qui comptent vraiment pour vous. Dans la pub, Shots.net reste une référence. Pour les tendances plus profondes, Contagious.com est très solide. Mais surtout, je pense qu’il faut apprendre à écouter son intuition. Ne pas se noyer dans le bruit ambiant. Si vous êtes créatif, vous avez déjà une boussole, il ne faut pas l’ignorer." 

 

CONSEILS À LA NOUVELLE GÉNÉRATION 

Avec le recul, qu’auriez-vous aimé savoir en sortant de l’école ? 

"Que les premières années peuvent être dures. Que certains iront plus vite que vous, et que ça n’a aucune importance à long terme. L’essentiel, c’est de rester aligné avec ce qui vous anime vraiment. Et paradoxalement, même quand on trouve sa place, les envies continuent d’évoluer." 

 

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui rêvent d’un poste comme le vôtre ? 

"Créez vos propres opportunités. Sortez du réflexe “choisissez-moi”. Vous avez quelque chose à apporter. Vous êtes le sang neuf, aujourd’hui vous tutoyez le zeitgeist.  Utilisez le temps en dehors de l’école pour bosser sur vos projets, votre portfolio, votre niche. Les gens vraiment intéressants sont presque toujours passionnés par un sujet précis. Voir question suivante." 

 

Quelle erreur vous a le plus appris ? 

"Penser que l’inspiration venait avant le travail. C’est l’inverse." 

 

Quels réflexes recommanderiez-vous à un jeune communicant qui débute ? 

"Identifiez les moments où vous êtes le plus efficace (matin? soir? nuit?), et protégez-les à tout prix. 

Et faites confiance à votre instinct. Souvent, on sait très tôt si une situation, un job ou une personne est bonne ou non pour nous. On devient vite la somme des personnes qu’on fréquente le plus." 

 

Qu’est-ce qui fait la différence entre un bon communicant et un excellent communicant aujourd’hui ? 

"Dans les projets vraiment réussis, il y a toujours une part de jeu. Les équipes se sont autorisées à tester, à s’amuser, à ne pas tout contrôler. Si vous prenez du plaisir à créer, ça se ressent. Et ça se transmet."

 

VISION & INSPIRATION 

Votre vision de l’avenir de la communication ? 

"Je crois beaucoup aux petites équipes très spécialisées, capables de faire des choses très pointues à grande échelle. 

Chez Bleue, on est une petite structure, et pourtant on travaille aussi bien avec des agences gouvernementales comme la NASA que sur des lancements de parfums pour des marques comme Prada. Ce modèle-là va, selon moi, continuer à se développer". 

 

Une source d’inspiration ? 

"Le réalisateur Mark Jenkinson et le compositeur Karel Psota. Tous les deux ont cette capacité à transformer un brief en terrain de jeu créatif. Et ça change tout. 

 

Une phrase à retenir pour les étudiants de l’ISCOM ? 

"Faites confiance à votre instinct." 

 

Le mot de la fin 

“La communication, c’est…” 

"Un jeu sérieux". 

Un conseil que vous auriez aimé recevoir à 20 ans ? 

"Fais-toi confiance."

Votre mantra professionnel en 5 mots ? 

"Under promise, over deliver." 

 

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