Expertise pédagogique

40 ans d’ISCOM, 40 ans d’ICÔNES : Amélie Jamal

Amélie Jamal

Portrait d'Amélie Jamal, Chargée d'Opérations Événementielles au Stade de France et diplômée en 2020. À l’occasion de ses 40 ans, l’ ISCOM, école de communication, célèbre celles et ceux qui incarnent son expertise et son rayonnement à travers le monde : les membres du comité scientifique, les partenaires et les anciens étudiants.

Tout au long de l’année, 40 portraits mettront en lumière des parcours inspirants, des trajectoires singulières et des professionnels engagés qui façonnent aujourd’hui le monde de la communication. 

Nous donnons la parole à Amélie Jamal, Chargée d’Opérations Evénementielles chez Stade de France et diplômée en 2020.

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Un parcours construit par étapes 

Pouvez-vous revenir sur votre parcours depuis l’ISCOM ?

"Après 1 an en D.U.T. chimie, je me suis réorientée et j'ai intégré le BTS Communication de l’ISCOM, dans lequel j’ai appris les bases de la communication et des relations commerciales. 

Pour mon stage de 2ème année de BTS, je l’ai effectué dans une agence événementielle parce que je voulais découvrir ce milieu et, finalement, c’est cette expérience qui m’a fait comprendre que je voulais travailler dans cet environnement. 

J’ai donc intégré la 3ème année à l’ISCOM dans la section événementielle (relations publiques et management), puis déroulé le cursus en 4ème puis 5ème année en Événementiel, Influence et Réputation

Malheureusement (ou heureusement pour la suite), je suis de la promo 2020… année Covid ! Sortir du MBA, alors que l’événementiel était l’un des secteurs les plus touchés n’a pas été simple. L’entreprise dans laquelle j’ai fait mon alternance en 5ème année a été touchée également, c’était compliqué de poursuivre avec eux. J’ai donc pris une année pour moi pour réfléchir après ces belles années d’études et j’ai pris la décision de me former une année supplémentaire en Ingénierie Culturelle et Management afin d’allier deux passions : l’événementiel et la culture. 

Passionnée par le domaine culturel depuis toute jeune, je ne me voyais pas faire une carrière professionnelle dans l’événementiel sans y intégrer la culture ! J’ai décroché un stage de 6 mois à Paris La Défense Arena en tant qu’Assistante Event Manager et, à la fin de ces 6 mois, mon tuteur a quitté son poste pour le Stade de France. Disons que les astres étaient alignés car il y avait des places vacantes en tant que chargée des opérations événementielles, alors il m’a demandé si j’étais disponible et si je voulais vivre une nouvelle aventure au Stade de France en CDI; j’ai bien évidemment accepté le défi ! Aujourd’hui, cela fait 3 ans que j’y suis !"

Quel souvenir gardez-vous de vos années à l’ISCOM ? Une expérience, un projet, un cours ou une rencontre qui a marqué votre parcours ?  

"Ce que je retiens de l’ISCOM 6 ans après, ce sont les bases solides que j’ai acquises dans le domaine de la communication et ses composantes. 

Les challenges d’une semaine où, le lundi nous avions le brief et le vendredi il fallait pitcher le projet, m’ont tous marquée parce que nous avions des briefs concrets, des marques très intéressantes et surtout une belle ambiance compétitive mais bon enfant entre nous. 

J’avoue que je me rappellerai toute ma vie du challenge de crise intensif sur 3 jours parce que l’année d’après, le cas de crise devenait réel à l’échelle mondiale… !" 

Comment décririez-vous l’esprit ISCOM en quelques mots ?  

"L’esprit ISCOM c’est un accompagnement dédié, une disponibilité des intervenants, une ambiance chaleureuse, le goût du travail bien fait, de la rigueur et des projets qui nous permettent d’être très (très) créatifs ! "

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Parcours & métier actuel  

Quel est votre rôle aujourd’hui au Stade de France ? Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre quotidien professionnel ?  

"Un chargé des opérations événementielles au Stade de France accueille 3 types d’événements : des événements sportifs, des concerts, des séminaires/conventions d’entreprises et, parfois, nous accueillons aussi des tournages. 

Il coordonne toutes les actions en interne pour configurer le stade aux besoins de l’événement en question. Pour ma part, j’accueille plus spécifiquement les productions de concerts, séminaires, conventions et tournages. Je travaille main dans la main avec l’organisateur de l’événement, notamment sur la partie opérationnelle.

Ce qui est passionnant dans ce métier d’exploitant de « salle », c’est qu’à chaque événement, on en apprend toujours un peu plus sur notre lieu, car chaque concert est différent, même si la base de la configuration est sensiblement la même pour chaque concert. On est en relation avec beaucoup de services en interne et ça nous permet d’avoir une vision d’ensemble sur le fonctionnement du Stade. Aussi, on rencontre beaucoup de personnes du milieu et, avec l’expérience, on peut conseiller le client sur ses besoins et pas seulement appliquer ce qu’il souhaite.

Avoir le Stade de France, une enceinte avec une histoire et la plus grande de France, comme lieu de travail quotidien, reste toujours aussi impressionnant ! Ce que j’adore, c’est d’être au cœur des coulisses d’un événement de grande envergure !"

Quelles compétences ou qualités sont, selon vous, indispensables pour réussir dans votre domaine ?  

"À mon sens, le milieu de l’événementiel requiert beaucoup de rigueur dans son travail personnel, une écoute proactive auprès des interlocuteurs, des prestataires et du client. Il faut aussi avoir un sens de l’anticipation, imaginer les situations possibles pour réagir rapidement, car c’est un milieu d’imprévus où le stress est très présent également. Gérer son niveau de stress pour ne pas le transmettre aux autres fait partie du métier. Enfin, l’élément central d’un événement réussi est le travail en équipe : savoir communiquer, déléguer et coordonner tous les postes."

 

Conseils à la nouvelle génération  

Avec le recul, qu’auriez-vous aimé savoir en sortant de l’école ?  

"Que rien n’est figé, rien n’est gravé dans le marbre. Il n’y a pas qu’une seule voie à suivre pour arriver à son objectif professionnel. Et que parfois, il faut passer par des postes aux missions un peu moins espérées pour ensuite décrocher le poste de ses rêves."

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui rêvent d’un poste comme le vôtre ?  

"Donner le meilleur de soi dans chaque expérience, même les mauvaises, pour ne pas avoir de regrets et surtout parce que, dans le monde de l’événementiel, tout le monde se connaît. Il faut aimer le défi et aimer se challenger. Je n’y connais rien, mais j’y vais quand même parce que je veux découvrir et que, de toute façon, j’ai les bases pour réussir."

Quelle erreur (ou “fail”) vous a le plus appris dans votre carrière ?  

"Le stage à l’étranger a été une expérience « fail » pour moi : je ne me suis pas du tout entendue avec ma manager et inversement. Erreur de destinée ? Peut-être bien. Cela arrive, et avec du recul, ça forge le caractère, ça fait grandir !"

Quels réflexes ou habitudes recommanderiez-vous à un jeune communicant qui débute (veille, curiosité, créativité, gestion du stress, etc.) ?  

"Pour la veille et la curiosité, je conseille de rester à l’affût de toutes les campagnes de communication qui sortent, en s’abonnant aux comptes des agences de publicité et/ou des agences événementielles, rien que pour avoir accès aux coulisses (quand il y en a) ! En suivant ses marques préférées sur les réseaux sociaux, s’abonner aux comptes des médias qui parlent de l’évolution des marques dans les secteurs ou domaines qui intéressent. Ensuite, faire le lien entre tout ça, comprendre comment ce monde s’articule et, le plus important : forger son esprit critique.

Pour les moments de rush où tout doit se faire vite, il faut s’isoler 2 min, s’imaginer s’ancrer dans le sol, reprendre ses esprits et avoir confiance en ses capacités. Quand les bases sont solides, on peut tout traverser."

Selon vous, qu’est-ce qui fait la différence entre un bon communicant et un excellent communicant aujourd’hui ?  

"Le bon communicant s’adresse à qui veut bien entendre son message sur les canaux de communication. L’excellent communicant a compris qui était sa cible, s’intéresse humainement à elle, sait comment et où aller la chercher, et sait ce qu’elle vit actuellement, au-delà des chiffres et des retours sur investissement."

 

Vision & inspiration  

Quelle est votre vision de l’avenir de la communication ? Comment voyez-vous le métier évoluer dans les prochaines années ?  

"J’ai le sentiment d’avoir une petite légitimité à répondre à cette question parce que je me suis éloignée de la communication pure dans mon métier actuel, mais je reste sensible à ce milieu et je regarde de près son évolution. Si l’on se retourne pour voir comment était la communication au siècle dernier, il y a une sacrée belle évolution des moyens, des méthodes et des idées de communication. 

Aujourd’hui, on baigne dans un océan d’informations de tous types : actualités du pays/du monde, faits divers, politique, culture, etc., ce qui fait que nous arrivons à saturation. Les canaux de communication se sont démultipliés au fil des années, alors nous sommes à la fois partout et nulle part en même temps. C’est peut-être bien l’un des premiers problèmes des communicants : capter l’attention. J’ai une tendance à être plus optimiste que pessimiste sur l’avenir en général et, à mon sens, plus la contrainte est présente, plus les nouvelles idées émergent… En revanche, cela ne veut pas dire que ce sera plus facile pour les communicants dans les années à venir, car c’est un métier qui demande d’analyser beaucoup de paramètres avant de communiquer au grand public. 

Pour ce qui est de l’IA, je suis convaincue que c’est la façon dont nous l’utilisons qui déterminera si elle remplacera certains cerveaux ou non. Donc, pour ma part, le métier de communicant a de beaux jours devant lui, à condition d’accepter le changement, de faire autrement."

Y a-t-il une marque, une campagne ou un professionnel qui vous inspire particulièrement ? Pourquoi ?  

"Je trouve que les campagnes de la grande distribution et des marques de street food sont très attractives à regarder ou à écouter. 

Intermarché, pour ses publicités à la télé presque équivalentes à des courts-métrages (elles datent un peu, mais merci au storytelling qui marche à tous les coups !!), ou les packagings de Monoprix, connus pour leurs jeux de mots mignons. 

Les campagnes radio de Leclerc, auxquelles on s’identifie toutes et tous plus ou moins parce qu’ils relatent des faits de la vie quotidienne sur le ton de l’humour, c’est une très bonne idée : ça change ! Je trouve que la publicité en radio est très (très) difficile à écouter par le rythme imposé du temps acheté pour apparaître sur telle ou telle radio. 

Les campagnes de Burger King (notamment en télé et print 4x3) ont toujours le bon ton : ni trop simple, ni trop compliqué à comprendre, humoristique sans trop être piquant. Ils surfent sur l’actualité que leur cible peut comprendre parce qu’« on a la ref ». 

Je trouve cela fascinant, les marques qui racontent des histoires dans leur communication, à presque nous faire oublier le produit que l’on va consommer."

Si vous deviez donner une seule phrase à retenir pour les étudiants de l’ISCOM, ce serait laquelle ? 

"Ne rentrez pas dans des cases et exprimez-vous le plus possible ! 

Avec tous les projets que l’école propose, les occasions sont nombreuses pour ça et sur une pléthore de sujets variés. L’ISCOM est un terrain de jeu pour s’entraîner, ouvrir son esprit, se tester, dépasser ses limites, s’améliorer et développer ses idées dans un cadre bienveillant. Ça serait dommage de vouloir se conformer quand on nous offre la possibilité de laisser parler son imagination, et ce, quelle que soit l’expérience !"

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