Salaires et débouchés dans le design de marque à Lyon en 2026 : le point
À l’ère de l’IA, des questions se posent autour des métiers créatifs en communication. Quels postes viser après une formation en design de marque ? Salaires, débouchés, perspectives d’évolution : les intervenants de l’ISCOM Lyon vous répondent !
Le cursus d'un étudiant en création & design de marque
Une campagne de communication se doit d’être créative pour être efficace, se démarquer et marquer les esprits. Les métiers de la création sont donc essentiels dans ce processus ! À l’ISCOM, une formation en design de marque est dédiée à ces profils, pour leur permettre de mettre en pratique leurs compétences créatives et innovantes.
La spécialisation Création et Design de marque apprend aux étudiants à imaginer des concepts, du brief au déploiement : graphisme, motion design, conception rédaction… De nombreux leviers sont à leur portée pour développer des compétences techniques sur les outils créatifs.
Je suis intervenante à l’ISCOM sur plusieurs modules, tous liés à la création graphique et à la direction artistique : PAO, Graphisme Identité, Graphisme PRINT, Packaging, Usages de l’IA générative.
Ce sont des matières indispensables pour les étudiants en formation design de marque car, au-delà de leur enseigner les outils techniques dont ils auront besoin pour donner vie à leurs idées, ils développent leur créativité dans des projets concrets et globaux. À l’ère de l’IA, il est primordial de transmettre aux élèves les valeurs de la création ! » - Agathe PERNET, intervenante à l’ISCOM Lyon
Mais, une fois le diplôme en poche, comment les communicants créatifs peuvent-ils se démarquer sur le marché du travail ?
Nous avons interrogé Alexis CZIZEK, intervenant à l’ISCOM Lyon pour les étudiants en formation design de marque, qui nous explique comment un jeune diplômé peut se démarquer dans ses candidatures.
Selon lui, le portfolio représente la véritable carte de visite du communicant. Il faut ainsi sortir des sentiers battus en évitant un PDF classique et imaginer un format site web. Cela permet un rendu plus professionnel et en cohérence avec les enjeux digitaux actuels.
Diversifier ses compétences est également un outil majeur. La création, c’est très large ! Avoir une spécialité annexe est très avantageux : motion design, création 3D, montage vidéo, illustration…
Et, finalement, il incite les étudiants à rester actifs sur les réseaux sociaux professionnels tels que LinkedIn : faire de la veille, publier ses travaux, prendre la parole sur des actualités liées à la communication, prendre contact avec des professionnels du même milieu… Tout cela maximise la visibilité d’un profil et peut créer de vraies connexions !
Ses conseils pour les Iscomiens en Création et Design de Marque
« Mon premier conseil serait tout simplement : n'hésitez pas, lancez-vous ! C'est une aventure extrêmement formatrice. Si je devais lister les conseils essentiels pour bien démarrer, voici ce que je dirais :
Voyez le statut freelance comme un accélérateur de carrière : même si votre objectif premier est de trouver un CDD ou un CDI, le statut de freelance est tout à fait cumulable. Gérer ses propres clients de A à Z permet de grandir beaucoup plus vite, de gagner en maturité professionnelle, d'apprendre à être rigoureusement organisé et de comprendre tous les enjeux de la relation client.
Les entreprises sont extrêmement demandeuses de profils pointus pour des missions ponctuelles. Être freelance vous permet de capter directement ces opportunités.
Ne sous-estimez pas la rigueur que demande la liberté : on idéalise souvent le freelancing pour la flexibilité qu'il offre (choisir son emploi du temps, ses projets...). C'est vrai, mais cela implique en contrepartie une grande rigueur. Être freelance, c'est être chef d'entreprise. Il faut accepter de faire sa propre comptabilité, de gérer l'administratif et de consacrer du temps au démarchage. » - Alexis CZIZEK, intervenant à l’ISCOM Lyon
Justement, Agathe PERNET nous partage également ses conseils :
Je pense qu’un profil qui trouve le parfait équilibre entre réflexion, créativité et productivité sera forcément valorisé, contrairement à un profil qui se contente d’exécuter. L’idée + la technique + le workflow = le perfect match du bon graphiste/Directeur Artistique !
Selon moi, une expérience en entreprise peut être vraiment un passage bénéfique avant d’imaginer se lancer en freelance « full-time ». Rien n’égale le terrain. Pour ma part, j’ai préféré faire 2 ans d’alternance et 2 ans de CDI avant de me lancer. J’avais déjà mon statut de micro-entreprise créé et j’ai, petit à petit, fidélisé des clients personnels à côté de mon salariat ! »
« Nos étudiants en formation design de marque ont vocation à intégrer des postes de créatifs, que ce soit en agence ou chez l’annonceur. Directeur artistique, graphiste, concepteur-rédacteur, motion designer… Tous ces métiers d’arts appliqués mettent la créativité au service de l’innovation, de la marque, des grandes causes et du business. En choisissant la création, nos étudiants choisissent également une voie indispensable à tous les secteurs d’activité. Food, luxe, associatif, sport, services, médias… Autant de domaines où les esprits créatifs, talentueux et motivés seront accueillis à bras ouverts pour leurs idées. » - Maxime ROUMIEU, Référent Création & Design de Marque
Mais une question demeure : les débouchés ne sont-ils pas restreints vis-à-vis de l’ampleur que prend l’IA au sein de la conception de visuels ? Maxime ROUMIEU nous répond :
Certains professionnels se sont jetés corps et âme dans l’intelligence artificielle générative, y voyant une solution peu coûteuse et rapide pour exécuter leur création. Cependant, la création n’est pas un produit comme tous les autres que l’on peut standardiser. Ils sont petit à petit rattrapés par l’aversion du public pour ces créations issues de l’IA, qui commencent à saturer l’espace public. Originalité, bagout, ingéniosité et supplément d’âme sont autant d’atouts qui restent, encore pour l’instant, entre les mains des seuls créatifs. » - Maxime ROUMIEU, Référent Création & Design de Marque
L’exemple d’un Directeur Artistique freelance
« J'ai la chance d'avoir une clientèle extrêmement variée, ce qui rend mon quotidien particulièrement stimulant : le B2B (cabinets d’expertise comptable, agences RH, vente de matériel professionnel), le B2C (restaurants, revendeur automobile), la culture (collectifs, festivals, salons, théâtres), la santé et la beauté (ostéopathes, salons de coiffure, marques de cosmétiques), sans oublier l'immobilier et l'éducation.
En parallèle de cette clientèle en direct, j'ai également la chance de collaborer avec des agences qui me confient, par exemple, la direction artistique de leurs clients, ce qui vient encore enrichir cette diversité.
S'il y a un projet récent qui m'a particulièrement marqué cette année, c'est la création de l'identité visuelle de deux nouveaux restaurants. Le client m'a laissé carte blanche sur la direction artistique. Le thème de base était exceptionnel en termes de créativité puisque nous sommes partis sur un univers "Aristocrate-Punk". C'est un positionnement assez peu commun qui nous a vraiment permis de nous différencier sur le marché.
C'était un super terrain pour un DA, car j'ai pu injecter du sens et de la cohérence dans chaque asset de la marque. Mon accompagnement a été très global : conception du logo, charte graphique complète, sélection des typographies et couleurs, mais aussi toute la déclinaison physique (l'enseigne, les menus, les cartes de visite) et digitale (visuels pour les réseaux sociaux). Pouvoir pousser les curseurs créatifs aussi loin sur un lieu physique tout en gardant une vraie justesse stratégique, c'est exactement le genre de défi qui m’anime. D'autant plus que j'ai pu travailler en étroite collaboration avec la décoratrice d'intérieur qui a fait un travail fabuleux. Il y a eu une véritable synergie entre le design graphique et l'aménagement de l'espace, ce qui a rendu le résultat final très immersif. » - Alexis CZIZEK, Directeur Artistique et intervenant à l’ISCOM Lyon
Et combien est payé un directeur artistique freelance ?
« Côté rémunération, il faut être réaliste : la première année est souvent la plus difficile sur le plan financier. C'est une phase de construction pendant laquelle on doit se bâtir un portefeuille de clients et faire ses preuves. Mais avec du travail, au bout de quelques années d'expérience, on peut tout à fait atteindre un chiffre d'affaires tournant autour de 40 000 à 50 000 euros par an. Le secret pour pérenniser et augmenter ce chiffre d'affaires, c'est de réussir à fidéliser : il faut essayer de trouver des clients avec qui vous allez collaborer tout au long de l'année, ce qui assure une base de revenus récurrente et rassurante. » - Alexis CZIZEK