ISCOM x Thotis : Caroline Grassaud défend une nouvelle génération de communicants “augmentés”
Le 21 avril, dans ses locaux parisiens, l’ISCOM, école de communication, recevait Thotis pour un nouvel épisode du format “DG sur écoute”. À cette occasion, Thibaud Arnoult a interviewé Caroline Grassaud, directrice de l’école, autour des mutations du secteur de la communication à l’ère de l’intelligence artificielle.
Selon Caroline, les organisations qui durent ne sont pas celles qui résistent au changement, mais celles qui l'anticipent. Une conviction qu'elle partage pleinement avec Philippe Gisclon, Directeur de la Marque ISCOM et Directeur de campus. Ensemble, ils pilotent une refonte profonde de l'identité pédagogique de l'école : repenser les cursus, repositionner la marque et faire de l'adaptabilité non plus un vœu pieux, mais une discipline à part entière.
Former des communicants “augmentés”
Face à l’évolution rapide du secteur, l’ISCOM revendique une transformation claire de son modèle pédagogique. L’objectif : passer du communicant “couteau suisse” au communicant augmenté, capable de combiner expertise, vision stratégique et maîtrise technologique.
Le constat est sans appel :
- plus de 350 métiers dans la communication aujourd’hui (contre 15 en 2000),
- une explosion de la data,
- une automatisation croissante des tâches.
Dans ce contexte, l’école structure son évolution autour de quatre piliers :
- L’intelligence artificielle, intégrée sur l’ensemble du cursus,
- L’international, avec 130 partenaires dans le monde,
- Le réseau, fort de 25 000 alumni,
- L’accompagnement personnalisé, via le programme “Find Your Match”.
Résultat : une promesse claire d’employabilité avec 90 % d’insertion à 12 mois.
L’IA : une transformation, pas une menace
Contrairement aux discours alarmistes, Caroline Grassaud adopte une lecture pragmatique de l’intelligence artificielle. La question n’est pas de savoir si l’IA supprime des métiers, mais comment elle transforme les tâches.
Les activités répétitives (veille, production de contenus standardisés) sont progressivement automatisées. En revanche, la valeur se déplace vers :
- la stratégie,
- la créativité,
- l’analyse critique,
- la prise de décision.
L’ISCOM intègre ainsi l’IA comme un outil structurant, avec :
- un module de 60 heures sur 5 ans,
- des workflows concrets utilisés en cours,
- un nouvel MBA dédié à la direction artistique augmentée.
L’école va plus loin avec la création d’un Observatoire de l’IA, chargé d’anticiper les compétences de demain.
Une pédagogie ancrée dans le réel
L’un des marqueurs forts de l’ISCOM reste son approche pratique.
Dès la première année, les étudiants travaillent sur :
- De vrais briefs,
- De vraies campagnes.
- Avec de vrais clients,
En 2025, 29 campagnes étudiantes ont été achetées par des marques et primées (Cannes Lions, Eurobest, TikTok Awards).
Ce ne sont pas des exercices d’école. C’est du réel.
Cette immersion permet une montée en compétences rapide et une professionnalisation accélérée. Université vs école spécialisée : deux modèles différents.
Face aux critiques sur le coût des écoles privées, Caroline Grassaud assume un positionnement clair.
L’université forme des esprits académiques.
L’ISCOM forme des professionnels opérationnels.
Elle s’appuie notamment sur un constat pédagogique :
- moins de 30 % de rétention en cours théorique,
- plus de 75 % via l’apprentissage par la pratique.
Le modèle de l’ISCOM se veut donc un investissement orienté employabilité, avec un retour mesurable sur l’insertion et les salaires.
Un secteur en mutation, pas saturé
Quelques chiffres clés :
- 400 000 emplois en France,
- 50 milliards d’euros investis chaque année,
- une croissance continue du digital.
Le marché se polarise :
- d’un côté, des profils stratégiques très recherchés,
- de l’autre, des profils d’exécution fragilisés.
D’où l’enjeu central : former des talents capables de se positionner “dans le haut”.
Quels conseils pour les futurs étudiants ?
Caroline Grassaud conclut avec trois recommandations essentielles :
- Comprendre l’impact réel du métier
La communication influence les décisions, les perceptions et les comportements. - S’exposer au terrain le plus tôt possible
Stages, rencontres, expériences concrètes. - Cultiver une curiosité intellectuelle large
Les meilleurs communicants comprennent le monde avant de manier les outils.
Ceux qui ne regardent que les outils seront remplacés. Ceux qui comprennent les humains resteront indispensables.
Une vision claire pour 2030
À l’horizon de 2030, l’ISCOM vise 8 000 étudiants et une position renforcée comme acteur clé de la formation en communication.
Sa promesse :
ne pas protéger les étudiants d’un monde exigeant,
mais leur donner les clés pour y créer de la valeur durablement.
Un grand merci à THOTIS et à Caroline pour cet échange enrichissant.
Podcast "DG sur écoute" à retrouver sur le site officiel de Thotis et la chaîne Youtube de l'ISCOM.