Expertise pédagogique

40 ans d’ISCOM, 40 ans d’icônes : Jean-Marie Caillaud

Jean-Marie Caillaud, Préfet - préfecture de l’Oise

Portrait de Jean-Marie Caillaud, Préfet - préfecture de l’Oise et diplômé de l’ISCOM en 1996. À l’occasion de ses 40 ans, l’ ISCOM, école de communication, célèbre celles et ceux qui incarnent son expertise et son rayonnement à travers le monde : ses anciens étudiants.

Tout au long de l’année, 40 portraits mettront en lumière des parcours inspirants, des trajectoires singulières et des professionnels engagés qui façonnent aujourd’hui le monde de la communication.

Nous donnons la parole à Jean-Marie Caillaud, Préfet - Préfecture de l’Oise et diplômé de l’ISCOM en 1996.

 

PROCHAINS ÉVÉNEMENTS

 

Un parcours construit par étapes

 

Pouvez-vous revenir sur votre parcours depuis l’ISCOM ?

« Ma ligne directrice est celle du service public et de la défense de l’intérêt général. Cela m’a conduit à des postes très différents : au sein de collectivités territoriales, dans l’administration centrale et territoriale de l’État et dans des cabinets ministériels. Ce qui m’a surtout motivé, c’est le souhait de participer, à ma place, à l’amélioration du quotidien pour mes concitoyens. J’ai ainsi servi en commune, département, au sein de la Direction générale de la sécurité civile, auprès des ministres de la culture, de l’écologie ou plus récemment le Président de la République. Je suis aujourd’hui fonctionnaire du ministère de l’Intérieur et fier de l’être. »  

 

Quel souvenir gardez-vous de vos années à l’ISCOM ? Une expérience, un projet, un cours ou une rencontre qui a marqué votre parcours ? 

« L’ISCOM a été une expérience marquante dans le sens d’une formation tournée vers le monde professionnel, avec des intervenants praticiens et soucieux de transmettre. Je me souviens notamment de l’exercice hebdomadaire proposé par notre prof de « médias » autour d’un questionnaire de quatre-vingts questions sur l’actualité. Il nous fallait suivre tous les sujets tout au long de la semaine pour ne pas se rater. J’ai beaucoup apprécié aussi l’esprit, la camaraderie d’une époque encore pionnière. Et je suis très heureux que ma fille Tiphaine ait pu suivre la même voie ! »

 

 

Parcours & métier actuel

Quel est votre rôle aujourd’hui comme préfet de l’Oise ? 

« Depuis un peu plus d’un an, je suis Préfet de l’Oise. Je suis là pour coordonner l’action des services de l’État sur ce territoire passionnant. Qu’il s’agisse de la sécurité, de l’économie, de l’aménagement du territoire, de la santé ou du développement durable, je fais en sorte de contribuer à la déclinaison des politiques publiques engagées par le Gouvernement pour faciliter la vie de mes concitoyens et faire avancer le département dont j’ai la charge. C’est un job de temps réel, les mains dans la glaise, au service des autres, une mission d’utilité publique ou chaque décision a un sens concret. »

Quelles compétences ou qualités sont, selon vous, indispensables pour réussir dans votre domaine ?

« La première condition de la réussite, c’est l’envie. Sans motivation, difficile d’accepter facilement ce type de poste qui demande de nombreux sacrifices personnels en termes d’investissement physique et intellectuel, d’isolement familial souvent et d’amplitude horaire. Il faut tout autant de la méthode et de la rigueur, afin d’apprécier au mieux les situations qui se présentent et prendre les bonnes décisions. Il faut enfin une capacité d’écoute, une bonne connaissance du système administratif et de bonnes notions juridiques. 

Pour autant, la dimension communication n’est jamais loin par la nécessité de savoir expliquer les choix que l’on opère. Savoir prendre la bonne décision est indispensable, savoir la faire comprendre est encore plus utile. »

Le monde de la communication évolue vite : comment gardez-vous une longueur d’avance ?

« L’important est de trouver le meilleur moyen d’échanger avec autrui, et informer les autres des décisions que l’on prend, des services que l’on rend. Des tas de dispositifs et d’actions existent, sont parfois très utiles mais restent méconnues. Évidemment, c’est difficile de rester à la pointe des techniques de communication, qui changent sans arrêt. D’autant que la communication est de plus en plus cloisonnée : vous devez choisir votre vecteur en fonction du public que vous souhaitez toucher, alors même que l’État a vocation, par principe, à toucher tous les citoyens. Dans les préfectures, nous avons un service dédié à cette communication interministérielle qui doit utiliser tous les vecteurs possibles pour diffuser nos messages et s’assurer de l’impact produit. Nous investissons tous les champs. »

Conseils à la nouvelle génération 

Avec le recul, qu’auriez-vous aimé savoir en sortant de l’école ?

" Il faudrait apprendre la patience et la tempérance, mais est-ce le rôle d’une école, je ne suis pas sûr. L’importance est d’être armé pour affronter le monde professionnel, et en cela l’ISCOM m’a donné de bons codes."

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui rêvent d’un poste comme le vôtre ?

" C’est peut-être un peu bateau, mais mon conseil, c’est d’y croire si c’est leur rêve. Evidemment, il faut de l’expérience pour être efficace à cette fonction, il est nécessaire de prendre le temps de construire un parcours, d’apprendre, de prendre des risques parfois, et de garder à l’esprit l’indispensable dimension humaine qui s’y attache."

Quelle erreur vous a le plus appris dans votre carrière ?

" Chacune, car quand je me trompe, j’apprends."

Quels réflexes ou habitudes recommanderiez-vous à un jeune communicant qui débute ? 

" Ne pas oublier la communication humaine. Avec les réseaux sociaux qui permettent de toucher massivement les gens, on oublie trop la force de la communication interpersonnelle, pour négocier, passer des messages, être respecté. Paradoxalement, dans un monde numérique, la communication humaine est une force ! "

Selon vous, qu’est-ce qui fait la différence entre un bon communicant et un excellent communicant aujourd’hui ?

" L’excellent communicant, c’est celui qui n’est pas dans la routine, qui va tenter des nouveaux formats, peut-être même une seule fois. Comme disait Cocteau, « Surprenez-moi » ! "

 

 Vision & inspiration 

 

 Quelle est votre vision de l’avenir de la communication ?

" L’avenir de la communication est à l’hybridation des contenus et des plateformes, en utilisant les nouvelles technologies pour passer d’un vecteur à l’autre. "

Y a-t-il une marque, une campagne ou un professionnel qui vous inspire particulièrement ? 

" Ce n’est pas très original, mais la campagne du « loup d’Intermarché » m’a plu parce que c’est osé, c’est joliment réalisé et c’est surprenant. "

Si vous deviez donner une seule phrase à retenir pour les étudiants de l’ISCOM, ce serait laquelle ? 

" Qui ose, gagne ! "

 

Le mot de la fin

 

Terminez cette phrase : La communication, c’est…

" l’art de montrer l’action "

Un conseil que vous auriez aimé recevoir à 20 ans ?

" Eclate-toi, parce qu’on est bon dans ce qu’on aime. 

Votre mantra professionnel en 5 mots ?

 " Liberté, égalité, fraternité "

 

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