L’ecole de demain se construit tous les jours : Virginie Munch

Comment une école de communication se réinvente ?...

Depuis 3 ans, l’ISCOM a mené une transformation importante de ses locaux, au cœur de Paris. Le projet est né d’une réflexion sur l’expérience et les usages des étudiants. Espaces de collaboration très connectés, creative lab, lieux de détente et de vie, incubateur, équipements modulables sont au cœur de l’environnement étudiant.
Parallèlement, l’école a conduit une réflexion sur le "bien vivre ensemble" en y associant étudiants, intervenants et équipes pédagogiques.
Comment une école s’adapte aux nouvelles générations ? Quelle place laisser au digital ? De quelle manière les espaces de travail transforment l’expérience d’apprentissage ?
Le Directeur général de l’ISCOM, Virginie Munch, partage sa vision sur l’évolution des modes de travail et sur le rôle d’une école dans la construction personnelle d’un étudiant.


Le bien-vivre ensemble est une préoccupation en entreprise. Comment cette thématique s’introduit-elle dans l’école ?VIGNETTE VMUNCH SITEEn fait, toute la réflexion sur la transformation des locaux a d’abord été celle d’une réflexion sur le service aux étudiants et leur confort, pour leur permettre de bien vivre leurs études, de vivre leur école. À mon sens, il faut pouvoir se souvenir avec plaisir de sa vie étudiante. Les années d’apprentissage participent en effet pleinement à la construction de la personnalité d’un étudiant. Nous avons aussi lancé dans l’école la thématique du bien-vivre ensemble et de l’importance de la qualité de la relation à l’autre.Nous avons travaillé ce sujet avec nos professeurs, en organisant dans toutes les années d’études des séminaires dès la rentrée.
Cette initiative a été bien perçue par le corps professoral, qui s’est montré très impliqué dans l’organisation et l’animation des différents projets. Nous y abordons des thèmes larges : réputation, personal branding, partage de valeurs de tolérance, d’engagement, de progrès et aussi la contribution de chacun pour un campus plus durable, la concentration et la pleine présence au monde. Cela a été bien accueilli par les étudiants.
Dans un second temps, nous ferons un bilan qui nous servira pour produire un manifeste axé sur l’attention portée à l’autre et le bien-vivre ensemble.

 

Comment est née cette envie de transformer les espaces de travail de l’ISCOM ?

L’autre facette de la réflexion concerne l’aménagement des espaces, la façon dont le cadre de travail favorise la qualité de relation entre les professeurs et les étudiants mais aussi la qualité des rapports au sein du groupe. Nous avons d’abord imaginé un concept global, le multispace, qui est représentatif de ce que font les élèves à l’intérieur de leur école. Ils apprennent, partagent, vivent ensemble, dans un univers très connecté. Voilà comment est né notre premier espace collaboratif que nous appelons Learn Live & Connect et qui s’ouvre sur le patio intérieur de l’école. Plus tard, nous avons imaginé Think, Create, Innovate, des espaces dédiés à l’entrepreneuriat, à la création et à la production. Enfin, nous avons recréé les espaces d’études et de vie, en jouant sur la transparence, la charte de l’école, la personnalisation des salles de cours et des matériaux naturels. Aujourd’hui une vraie dynamique est à l’oeuvre, parallèle à la réflexion que font les entreprises sur l’aménagement des espaces de travail pour le bien être de leurs collaborateurs. Dynamique de changement dans la concertation et l’écoute avec les utilisateurs.

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Avez-vous noté un changement des comportements avec l’arrivée d’une nouvelle génération d’étudiants ?

Oui. Il y a une accélération de ces changements comportementaux assez récente sans doute, probablement moins de 3 ans. Je crois qu’il y a une vraie attente générationnelle pour plus d’autonomie dans l’apprentissage. En définitive, ce qui me frappe le plus, c’est leur besoin de liberté et de souplesse. D’ailleurs, cette demande remonte spontanément de la part de nos étudiants : ils veulent une relation transformée avec leurs intervenants. Ce qui nous amène progressivement à combiner des enseignements en autonomie et des cours en face à face en effectif réduit comme en langue ou en stratégie de marque par exemple. Bien entendu, ces nouveaux comportements conduisent à transformer le rôle des professeurs vers davantage de coaching. L’une des autres caractéristiques de ce changement générationnel, c’est la difficulté qu’ont certains étudiants à se concentrer, parce qu’ils sont environnés de terminaux mobiles. Ils ont ce besoin à tout moment et à chaque instant d’être connectés.


Avec la transformation numérique, imaginez-vous une école 100% digitale, avec la totalité des cours en ligne ou réalisés à distance ?

Je ne crois pas. Je crois que la pédagogie, comme la communication, se construit d’abord dans la relation à l’autre et à partir d’échanges construits source de créativité et de prise de confiance. Mais la digitalisation des enseignements permet parallèlement de renouveler la relation entre l’étudiant et la personne qui partage avec lui savoirs et pratiques.

 

Dernière question, comment imaginez-vous l’école de demain ?

L’école de demain ? Je l’imagine avant tout ouverte, sans murs au propre comme au figuré ! Sans cours classique.
En fait, ce serait une école pleine de lumière, à la fois très vivante et très calme, en évolution permanente mais aussi incarnant la stabilité, et où tous les publics se mêleraient au quotidien, entreprises, entrepreneurs, étudiants, alumni, équipes pédagogiques…
L’école de demain, je la conçois comme un lieu de vie, de réflexion, de création, de production.
L’école est un lieu protégé où l’on est très attentif à l’individu et c’est en même temps un endroit où l’on est très conscient de la contribution que chacun peut apporter au monde qui nous entoure.
Car il n’y a pas un temps où on étudie et un temps où on travaille en entreprise mais bien la construction progressive, tout au long de la vie, de personnalités, d’individualités.
Mais en fait l’école de demain, elle se construit tous les jours.