2 étudiants de l'ISCOM rédigent une tribune dans CB News

Cette année, CB News, le magazine de la communication et de la publicité, fête ses 30 ans. Pour l’occasion, il a souhaité publier une tribune confiée à des étudiants en communication. Noémie Haziza et Léo Pelletier, sont étudiants en 5ème année à l’ISCOM Paris. Ils ont pris la plume pour rédiger une tribune engagée qui imagine l’avenir des métiers de la communication. Leur tribune est à retrouver dans CB News de novembre 2016...

 

Communiquer.

Mamamia.

Trouver un concept, défaire un concept, classer les concepts pour parfaire les préceptes. Passer du nominatif au possessif, ne jamais en démordre ou en découdre, c’est comme on veut tant qu’il y a matière à prendre.

La stratégie publicitaire conceptuelle de demain n’existe pas, ou existe-t-elle ? Subsiste-t-il encore des stratégies à long terme ? Des vivants qui accepteront qu’on leur parle à 18h10 sur écran plat ou par hologramme ? Car l’une des hypothèses de la théorie des cordes annonce que le monde dans lequel nous vivons ne serait qu’une vaste projection holographique.

Alors que voyez-vous ?

Pouvons-nous dire clairement aujourd’hui ce qui se passera demain et prédire plus loin, se rapprocher du Créateur ou s’assimiler de plus en plus à l’image du grand Créatif.

Ne pas prédire la communication, la pro-activité est une mascarade. Le cerveau n’aime pas le vide. Sans cesse nous trouvons du sens pour appointer la mémoire du futur. Nous inventons par nos connaissances, tous nos futurs lilliputiens. Mais, il en existe un plus grand au-delà des systèmes syntagmatiques.

La vérité. C’est que nous n’avons pas de légitimité à prétendre surprendre celui de la publicité. Cependant, nous y sommes préparés, l’esprit blanc comme une page. A peine communicants, nous ne le sommes déjà plus, ne pouvant plus uniquement nous satisfaire de ce que l’on réalise. Des brainsto, strato, reco, promo, AO sous l’eau. Un listing qui nous embourgeoise dans une communication tout en haut. Ô c’est beau, l’oeuf originel, si fragile duquel rien ne sort. La communication est solitaire, là où elle était tout son contraire. Ni lisse ni constante, elle doit être bizarre. D’ailleurs « bizarre », pourquoi s’écrit-il avec un seul z quand la fréquence des ondes communicatives en groupe, toujours, se disperse. Mozzarella, puzzle, c’est sensé : deux z. Après tout, ce doit être pour ça que le mot bizarre, est bizarre.

Communiquer est un perpétuel mouvement, entre dispute, découverte et peur. Ni bon, ni mauvais, il évolue en Z dans une conversation en trois temps, manoeuvrant à contre-temps. La conversation est agaçante parfois, surprendra souvent, sera évocatrice toujours. La neuroscience la rendra profonde. Finalement, communiquerons nous toujours avec la tête ? La publicité future évoquera d’autres histoires intestines fuyant la famille nucléaire et les points cardinaux, celle de 2263, notre Cinquième Elément, portera un message bon, intuitif et légèrement symbolique, conducteur d'une énergie propre à créer des schémas positifs. Il n’y aura pas de premier, second, ou dernier degré, seulement des cordes ; sensibles. Prochaine perception, des publicitaires qui changent de noms, devenus conteurs, apporteurs d’idées, épouseurs d’histoires. Reste alors l’émotion humaine comme substantifique moelle.

C’est parce que l’avenir de la publicité est incertain que nous nous y rendons sans nous rendre, à l’image de cette nouvelle voute culturelle, nous plairons à ceux qui sont encore plus malins.