Une semaine pour imaginer un objet connecté

Retour sur le séminaire dédié aux objets connectés organisé à l'ISCOM à Paris avec l’agence DigitasLBi...

L’ISCOM s’inscrit au cœur de l’écosystème numérique et du mouvement des makers en proposant à ses étudiants de concevoir un objet connecté pour une marque. C’est à Paris que 3 classes d’étudiants en 5ème année ont participé au workshop intitulé Connected Things.

 

L’esprit french tech s’installe à l’ISCOM : culture startup, design et technologies numériques

Pensé dans une logique collaborative, ce workshop a été organisé à la manière d’un hackaton : en équipe, les étudiants avaient une semaine pour imaginer un objet connecté pour une marque, avec l’aide de l’agence Digitas. Les projets sélectionnés sont désormais en phase de prototypage par les étudiants au sein du fablab Ici Montreuil. L’occasion de passer de l’idée à la fabrication. A l’issue de la réalisation, les étudiants devront ensuite convaincre un jury d’investisseurs de les soutenir.
Romain, Clémence et Claire, étudiants en 5ème année, reviennent sur leur réalisation et les bénéfices d’une telle compétition.

 

Retour d'expérience

 

Qu’avez-vous aimé lors de ce workshop dédié à l’objet connecté ?

romain 5eme anneeRomain : Ce qui est intéressant c’est que nous entrons vraiment dans le cœur de la technologie, nous devons comprendre comment ça marche pour mieux appréhender la faisabilité de l’objet que nous allons imaginer. Et puis aller jusqu’à la création de l’objet, ça permet de se confronter « au faire » et de voir la limite des idées.

 

clemence 5eme anneeClémence : Ce séminaire a vraiment du sens puisqu’il permet d’utiliser les principes du design qu’on applique habituellement à la marque. Là nous réfléchissons à l’expérience utilisateur pour concevoir un objet. C’est une nouveauté pour nous et un vrai défi !

 

 

claire 5eme anneeClaire : L’intérêt, c’est déjà de faire une veille sur les technologies en cours d’expérimentation. Et puis, l’objet connecté est aussi un levier pour faire de l’image donc c’est intéressant de comprendre comment ça marche pour l’intégrer plus tard dans nos stratégies.

 

 

Durant cette semaine, vous avez imaginé en équipe un objet connecté. Pouvez-vous dire quelques mots de cet objet ?

Romain : Nous sommes partis d’un sujet sociétal - le harcèlement de rue - et nous avons réfléchi à une solution pour lutter contre ce phénomène. Nous avons pensé à un bracelet connecté qui fonctionne sur un principe communautaire. La personne agressée envoie de son bracelet une alerte et les personnes connectées et à proximité peuvent la rejoindre pour intervenir.

 

Clémence : Nous avons travaillé sur la question du harcèlement scolaire et nous avons eu l’idée d’un capteur qui permet de sortir l’enfant de son isolement. Le capteur mesure un certain nombre de variables (pulsations cardiaques, sudation…) qui indique le niveau de stress de l’enfant et permet aux parents et aux équipes pédagogiques d’évaluer la situation.

 

Claire : Nous sommes aussi partis d’un fait de société. On sait que 4 enfants de moins de 6 ans perdent la vie chaque jour par noyade. Pour cette raison, le bord de l’eau est un environnement anxiogène pour les parents. Nous avons donc imaginé un maillot de bain connecté qui permet de géolocaliser l’enfant et d’alerter ses parents en cas de noyade.

 

Trois spécialisations étaient représentées au sein de chaque équipe. Comment avez-vous vécu l’interdisciplinarité ?

Romain : Le décloisonnement s’est vécu naturellement même si chacun a un sujet sur lequel il est plus à l’aise. Il y a eu des confrontations mais c’était constructif. Au-delà des différentes spécialisations qui composaient le groupe, ce qui était intéressant au sein du nôtre, c’est la diversité des parcours. Deux élèves de l’équipe ont intégré l’école cette année après un cursus en lettres modernes pour l’une et un cursus en histoire pour l’autre…Elles avaient un autre regard sur la technologie, un prisme différent qui a enrichi le groupe.

 

Clémence : Ce n’est pas évident de travailler avec des personnes qui n’ont pas les mêmes méthodes. Ceux qui sont en design branding pensent usages, expérience utilisateur. D’autres ont un réflexe différent et sont leaders sur d’autres points comme le business plan ou la technologie.

 

Claire : En fonction de nos spécialisations, nous avons des méthodologies et une manière de travailler différentes mais chacun a trouvé sa place. Au sein de notre groupe, on avait aussi la chance de combiner les nationalités (française, chinoise et britannique), une occasion pour nous de réfléchir à la déclinaison de notre objet dans d’autres pays en tenant compte des spécificités culturelles de chacun.

 

En quoi ce séminaire va vous être utile dans votre métier de communicant ?

Romain : En tant que communicant, on se doit de suivre les évolutions de la technologie et ce séminaire est vraiment l’occasion de découvrir les avancées dans le domaine. Il nous permet aussi d’aborder les sujets sous un nouvel angle. Jusqu’à présent nous pensions surtout "digital", maintenant nous penserons aussi "connectique".

 

Clémence : En communication, on peut parfois se noyer dans les idées, dans les concepts et oublier la réalité…Ce séminaire, qui nous fait passer par l’étape du "faire", remet notre métier de communicant à sa place, l’ancre dans le monde. On réalise qu’il suffit de regarder autour de soi, les idées sont là et il n’y a plus qu’à faire !

 

Claire : D’abord, ce séminaire donne le goût de travailler dans des agences qui intègrent un pôle innovation. Ensuite, il permet de prendre conscience que l’objet connecté est une occasion pour les marques de créer une proximité forte avec leurs publics et ça ouvre des horizons. On peut imaginer des opérations à l’image de ce qu’a réalisé Nivea avec ses mouettes connectées qui repéraient sur la plage les enfants sans protection et déversaient sur eux de la crème solaire !