Political Game à l'ISCOM Paris : les dessous de la communication politique

Rencontre avec Thomas Vitiello, chercheur en science politique, qui revient sur les enjeux de la communication politique en période électorale…

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"LA COMMUNICATION D'UNE CAMPAGNE ÉLECTORALE EST LIÉE À UN CONTEXTE CULTUREL, SOCIÉTAL ET POLITIQUE."

 

Racontez-nous la genèse du séminaire Political Game que vous avez organisé à l’ISCOM à Paris ?

Les équipes de l’ISCOM m’ont proposé de développer le contenu d’un séminaire "Élections" pour les étudiants de 5ème année. Puisque nous sommes dans une année présidentielle, j’ai eu envie de mettre les étudiants en situation de campagne électorale et de développer un jeu de rôle sur ce thème : chaque groupe d’étudiants représente un parti politique, des évènements médiatiques sont créés tout au long de la semaine et les étudiants doivent réagir et essayer d’exister médiatiquement auprès d’un "media center" que j’incarne.
À cela s’ajoutent des conférences données par des intervenants professionnels sur différents éléments de communication politique (communiquer sur un programme électoral, le métier de porte-parole d’un parti politique, le communication de crise, etcetera). Lors de la dernière journée, les étudiants doivent organiser une conférence de presse pour présenter un événement de campagne : un meeting, une annonce phare,… En bref, à eux d’être créatifs, en sachant qu’ils n’ont que 4 jours pour faire campagne.

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Les étudiants lors du séminaire ''Political Game'' organisé mi-décembre 2016 à l'ISCOM à Paris

Quel regard portez-vous sur la communication des hommes et partis politiques à l’ère du digital ?

Les hommes politiques ont bien intégré les réseaux sociaux dans leur dispositif de communication et maîtrisent les codes de l’Internet. J’émets toutefois une réserve : la plupart des hommes politiques utilisent le digital de la même façon qu’ils utilisent les médias traditionnels, c’est-à-dire dans une relation verticale qui ne permet pas aux citoyens d’interagir pleinement avec eux.  A contrario, quelques politiques sont davantage dans une logique de co-production et tentent de développer des relations plus horizontales avec les électeurs.
Par exemple la campagne de Ségolène Royal lors de la primaire du PS en 2006, avec son blog "Désir d’avenir" sur lequel ses partisans étaient encouragés de participer à la rédaction du programme. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon est dans une démarche similaire avec sa plateforme interactive de la France Insoumise, sur laquelle ses sympathisants ont pu proposer et voter des propositions.

 

Existe-il une boite à outil de communication d’une campagne électorale réussie ?

On ne peut pas nécessairement appliquer les recettes qui ont fonctionné ailleurs dans sa propre campagne, tout se fait au cas par cas. La communication est liée à un contexte culturel, sociétal et politique. Pour prendre l’exemple de la campagne d’Obama en 2008, sa campagne de communication sur les réseaux sociaux avait été très efficace pour lever des fonds et l’on sait que les campagnes américaines n’ont pas de plafond de dépenses et mobilisent ainsi des sommes astronomiques. En France, il existe un plafond des dépenses et un financement public des campagnes électorales, ainsi les principaux candidats n’ont pas besoin de communiquer via Internet auprès de leurs électeurs pour les aider à financer leur campagne. La finalité et donc la stratégie de communication doivent s’adapter aux circonstances.

  

Beaucoup de candidats à la présidentielle publient des livres politiques, comment expliquez-vous l’engouement des français pour ce type d’ouvrages ?

Je vois deux facteurs déterminants. D’abord, la spécificité d’une élection présidentielle. Pour diriger le pays, on élit quelqu’un qui a une certaine stature et le livre est aussi un moyen pour les candidats de se présidentialiser en étayant leur parcours et leur vision de la France.
L’autre point essentiel est que le livre est un élément culturel fort. Presque tous les présidents ont été de grands hommes de culture, qui ont pesé dans la création de lieux culturels : le Centre Pompidou pour Georges Pompidou, le musée d’Orsay et l’Institut du Monde Arabe pour Valéry Giscard d’Estaing, l’Opéra de la Bastille pour Mitterrand, ou encore le Musée du Quai Branly pour Jacques Chirac. La publication d’un livre de campagne s’inscrit ainsi dans une tradition culturelle et politique française.

  

Est-ce qu’il faut transgresser les codes de la communication et de la politique pour se faire remarquer ?

En apparence oui, ou du moins il faut prétendre de vouloir casser les codes. Mais ce n’est pas parce qu’on prétend le faire qu’effectivement on est dans la transgression. Aujourd’hui, un grand nombre de candidats se revendiquent antisystème, développent un discours de rupture et souhaitent incarner une forme de transgression. Il me semble que ceci est en partie du au fait que nous sommes dans une année présidentielle. Les candidats doivent développer une rhétorique mobilisatrice s’ils souhaitent générer de l’enthousiasme auprès des électeurs, et aujourd’hui les électeurs qui sont majoritairement mécontent de la classe politique souhaitent du changement.

 

Enfin, vous travaillez sur un outil d’aide au vote avec la Boussole présidentielle. L’outil est-il prédictif ?

L’application n’a pas vocation à prédire le comportement électoral, son objectif est celui d’offrir un outil aux électeurs pour comparer leurs positions à celles des candidats. Toutefois, pendant la campagne de la primaire de la droite et du centre, nous avions perçu dans nos données une dynamique positive en faveur des idées de François Fillon. Notre échantillon ressemblait beaucoup à celui du corps électoral de cette primaire, c’est-à-dire CSP+, urbain, de plus de 50 ans et masculin.

Thomas Vitiello est diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Grenoble puis d’un Master en sciences de l’information et de la communication à l’Université d’Amsterdam. Il poursuit actuellement une thèse en sciences politiques à Sciences-Po Paris.
Il est également à l’initiative de la Boussole présidentielle, une application numérique qui permet aux électeurs de mieux se situer sur les enjeux saillants de la campagne par rapport aux positions des candidats sur ces mêmes enjeux.

Pour aller + loin : découvrir le programme BAC+5 en communication politique et publique de l'ISCOM

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