SOYEZ LES SOLDATS DE L’IDÉE : JACQUES SÉGUÉLA

Retour sur la conférence du publicitaire donnée à l’ISCOM Lille...

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Un article rédigé par Julie Rio, étudiante en 2ème année

Jacques Séguéla, était présent à l'ISCOM à Lille pour une conférence le mardi 17 octobre 2017. Le célèbre publicitaire a délivré aux élèves une conférence inoubliable, où il a transmis son amour de la publicité, dans l'amphithéâtre bondé du campus. Retour sur ce moment fort. 

Écouter Jacques Séguéla, c’est s’arrêter un moment pour revoir le monde. C’est l’imaginer pour le construire. Lui, le Papa de la publicité, celui qui a bercé les générations, à travers Citroën et sa deudeuche, Afflelou et sa folie, Carte noire et son désir, Evian et ses bébés, François Mitterrand et sa "force tranquille", l’homme aux mille campagnes publicitaires, ne recule devant rien, cherchant chaque jour à révolutionner le lendemain. Cet engagement, il est venu le partager avec les élèves de l’ISCOM Lille. Un moment inoubliable et une leçon pour la vie…

Il nous a alors raconté les 83 ans d’une vie passionnante…

La découverte de la publicité

Il a 20 ans quand tout commence. Destiné par l’héritage familial à la pharmacie, il part à la recherche du marché des plantes médicinales, pour finalement y prendre le grand tournant de sa vie, la publicité. C’est à ce métier "de gangster", comme le définiront ses parents, que Jacques Séguéla donne ses plus belles lettres. Il répondra d’ailleurs plus tard à ses parents, par un livre nommé : « Ne dites pas à ma mère que je suis dans la publicité, elle me croit pianiste dans un bordel ». C’est pourquoi son discours aux iscomiens avait une résonance particulière, comme un Papa, confiant à ses enfants :
« Faites ce métier par passion ! ».
C’est sa passion aveugle pour son art qui le poussera à monter l’agence RSCG en 1970. À cet art, il a cherché une définition… sans y parvenir vraiment car la publicité se vit dans l’instant présent, dans l’exaltation et la couleur. Une publicité créée en un jour pour une marque créée pour l’éternité… C’est simplement alors, qu’il nous pose la question « Que devient la neige quand elle fond ? », ce à quoi par l’évidence nous répondons « de l’eau », et lui « le printemps ».

 

la publicité parle avec le cœur

C’est ce printemps qu’il a transposé au spot culte de 1988 pour la GTI de Citroën. Pour ce film, Jacques Séguéla a surpris tout le monde d’un point de vue créatif, mais aussi anecdotique… En effet, le sourire aux lèvres, il raconte la pression qu’il subissait alors que les chiffres de Citroën étaient en baisse, et qu’ainsi la marque avait foi en lui pour redynamiser son image. Il pense alors à la GTI s’envolant dans les airs, à l’allure d’un avion et rattrapée sous l’eau par un sous-marin… l’idée paraissait être la réponse idéale mais la mise en place, elle, ne faisait que questionner. Ne trouvant pas de solutions, il pense au Président François Mitterrand, qu’il appelle en urgence. Reçu à l’Élysée, par le Président de la République Française en personne, Jacques Séguéla lui dit : « j’ai besoin de vous, il me faut un porte-avion et un sous-marin. » Bien évidemment surpris, le chef de l’État s’interroge et lui demande « Pour quoi faire ? », « De la publicité » répond Jacques Séguéla. Amusé François Mitterrand lui confie « Pour une fois que la Marine ne fait pas la guerre… mais de la publicité, je suis d’accord ». 
C’est à travers ce genre d’aventures, que Jacques Séguéla nous transmet son amour pour son métier. Pour lui, la publicité s’aborde de différentes manières. Il y a la publicité anglaise, qui joue sur la rationalité, les chiffres, les connaissances. La publicité américaine qui ne pense qu’à l’argent et qui, pour le publicitaire, ruine l’essence même de son métier. Et enfin la publicité latine, sa publicité, celle qui parle avec le cœur, qui est émotionnelle. Celle qu’il défend.

Les piliers de la publicité

Pour lui, la publicité repose sur plusieurs piliers, parmi lesquels on note :
Imaginer, « la publicité est une autre façon de penser », explique-t-il. Si untel pense comme cela, alors le publicitaire doit penser différemment. Ainsi, il raconte « On dit toujours que la publicité, c’est avoir des idées. Mais non, c’est avoir une idée ! » C’est arriver à ce que le désir devienne plaisir.

Étonner, mais étonner sans détonner, il insiste sur le fait que provoquer n’est pas créer.

Rire, puisque la vie n’est belle que si l’on sait rire. C’est dans cette optique qu’il a écrit « C’est gai, la pub ». La publicité, c’est la difficulté de savoir rire de tout, c’est vendre de l’optimisme.

Durer, il compare le publicitaire à un architecte. Une marque ne meurt jamais, sa création est vouée à l’éternité, au publicitaire alors, de ne pas se tromper.

Enfin, Jacques Séguéla, s’adresse aux générations futures, et directement aux Iscomiens Lillois. Souhaitant passer le flambeau à la nouvelle génération, il lance ce message :
« la prochaine révolution à mener est celle de l’émotion ! Le nouveau média ne sera jamais la data, mais l’idée. Alors puisque la création est le maître de la publicité : soyez les soldats de l’idée » ! 

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