Financer son projet par le crowdfunding

Plongez-vous au coeur du crowdfunding et du Stop Motion...

Le crowdfunding, ou financement participatif, est un des leviers privilégiés par certains entrepreneurs pour recueillir des fonds, dans un esprit communautaire. A l’ère de la consommation collaborative, cette méthode s’avère efficace pour mobiliser autour d’un projet entrepreneurial ou de dispositifs créatifs. C’est la technique privilégiée par Mélanie Duault, diplômée de l’ISCOM en 2012, photographe et experte en stop motion. Elle nous explique comment lancer un projet de crowfunding et mobiliser une communauté.

Mélanie Duault, ISCOM 2012, a toujours eu une véritable appétence pour les arts visuels…Tout juste diplômée, sa passion pour la photographie la conduit à New York où elle suit un programme de formation financé en partie par une opération de crowdfunding. Aujourd’hui stop motion maker, elle utilise à la fois ses compétences en communication et ses talents de photographe au service des marques de grande consommation. Retour sur un parcours guidé par la passion…

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Après votre cursus à l’ISCOM, vous partez suivre une formation de photographe à New York…Comment est né ce projet ?

J’ai toujours aimé la peinture, le dessin, la photo…Lorsque j’étais en deuxième année à l’ISCOM, j’ai demandé conseil à un intervenant  et je lui ai parlé de mon intérêt pour le métier. Il m’a proposé de l’assister sur un shooting photo, c’était ma première expérience dans le milieu. J’ai ensuite fait un autre stage de 3 mois à New York avec une photographe culinaire Vanessa Rees. C’est à cette occasion que j’ai découvert l’école de photo International Center of Photography où j’ai suivi une formation d’un an après l’ISCOM.

 

Pour financer votre école de photo, vous montez une opération de crowdfunding…Un vrai challenge pour un projet si personnel ?

Oui, c’est vrai que les opérations de crowdfunding étaient plutôt dédiées initialement à des projets humanitaires mais cet élan de solidarité a irrigué tous les domaines et notamment celui de la culture. C’est incroyable de voir le nombre de groupes de musique, d’artistes qui font appel à la générosité des internautes pour faire avancer leurs projets ! C’est vrai que le crowdfunding est un moyen extraordinaire pour aller chercher des financeurs au-delà de son cercle personnel.

 

Comment expliquez-vous la mobilisation des internautes sur ces projets ?

Je pense que les gens aiment cette idée de l’entraide, donner un petit coup de pouce à quelqu’un dont le projet est en affinité avec leur centre d’intérêt, leur sensibilité. Il faut vraiment une proximité entre le porteur du projet et le donateur. Même des artistes déjà reconnus se mettent au crowdfunding lorsqu’ils veulent monter des projets plus personnels et qu’ils ne trouvent pas de financeurs dans les sphères institutionnelles. C’est le cas du photographe Robin Hammond qui s’est financé de cette façon-là pour enquêter sur la maladie mentale en Afrique et produire son ouvrage "condemned".

 

Quels ont été vos partis pris pour monter votre opération de crowdfunding ?

J’ai d’abord identifié la plateforme idéale pour mon opération. Il y en a beaucoup et elles ont chacun leurs spécificités. Par exemple Ulule, qui finance exclusivement des projets de création, ne répondait pas bien à la nature de mon projet. J’ai retenu Gofundme, c’est une plateforme mondiale très flexible et très ouverte. Ensuite, je me suis intéressée à la façon dont les porteurs de projet communiquaient. Et j’ai vite constaté qu’ils s’y prenaient à peu près tous de la même façon, un texte, des photos, une interview plutôt classique. Il fallait que je fasse autrement, que je diffuse mon projet avec un ton, un univers un peu décalé qui à la fois me correspondent et me permettent d’émerger.

 

Et vous produisez une vidéo en stop motion…

J’avais déjà une première expérience du stop motion à l’ISCOM et j’ai eu envie d’utiliser ce medium, un peu out of the box et pertinent pour raconter une histoire et mes envies dans un esprit ludique, coloré, enthousiaste. Ça m’a vraiment amusée de le faire mais ça a été un gros travail ; d’abord faire les croquis, puis le story board, rassembler tous les éléments pour les photos, procéder au shooting et monter le film. J’étais plutôt satisfaite du résultat, le public a eu l’air d’apprécier !

 

 

Comment avez-vous communiqué autour de cette opération de crowdfunding ?

J’ai fait campagne et cette vidéo en stop motion m’a vraiment aidée. J’ai fait beaucoup de RP, de community management et j’ai obtenu des publications sur des plateformes photos, des sites spécialisés, comme "Il était une pub" , et des blogs…Ca m’a permis de constituer au fil du temps une vraie petite communauté. Ce qui est important, c’est aussi d’offrir des récompenses dans l’esprit de l’opération. J’avais par exemple promis à certains donateurs une photo d’un endroit très précis de New York. Ça crée du lien, une certaine complicité entre les donateurs et le porteur de projet…mais attention, il faut bien tenir ses promesses ! En tous cas, au final, l’opération a bien fonctionné puisqu’elle m’a permis de financer 1/3 de mes frais de scolarité soit 10000$.

 

Une opération de crowdfunding qui a aussi été le point de départ de votre activité actuelle ?

Oui, c’est vrai que la réalisation de la vidéo en stop motion à l’occasion de cette opération a été pour moi un déclencheur. J’ai eu envie de continuer dans cette voie et aujourd’hui j’ai développé ma propre activité de stop motion maker.

 

Comment définissez-vous votre discipline et qu’apporte-t-elle aux marques ?

Le stop motion, comme je le pratique, c’est de la vidéo faite à partir de photos et dans un rythme plutôt saccadé ; c’est un outil à la fois plus créatif et plus artistique que la vidéo traditionnelle. C’est une approche qui permet de donner de la vie à des produits qui n’en ont pas, de cultiver un peu d’humour, de fantaisie, de magie même et donc une certaine proximité avec les publics de la marque. Dans mes vidéos, je peux faire voler des chaussettes, danser du chocolat !

 

Comment les marques exploitent ces vidéos ?

Les marques les utilisent pour animer leurs communautés. Elles les diffusent sur les réseaux sociaux pour faire découvrir de nouveaux produits ou montrer leurs produits existants sous un nouvel angle…C’est une façon de capter l’attention, stimuler la conversation, provoquer l’engagement des consommateurs.

 

Votre travail est très créatif…Y’a-t-il des marques qui vous inspirent plus que d’autres ?

Oui, d’ailleurs quand je fais ma prospection, je vais toujours vers des marques qui sont en affinité avec mon univers. L’alimentaire et plus largement les produits de grande consommation m’inspirent énormément, je vais régulièrement dans les supermarchés pour repérer les marques pour lesquelles j’aimerais travailler…je regarde les packagings, je suis attentive aux couleurs, au design et à la façon dont les produits se déclinent au sein d’une même gamme. Je fais également de la prospection sur les réseaux sociaux : Instagram et Facebook.

 

Vous travaillez entre les Etats-Unis et la France...Travaillez-vous de la même façon sur les deux continents ?

Pas tout à fait…les américains se laissent porter par mes idées, m’autorisent le grain de folie, m’imposent peu de règles, peu de limites. Par exemple, j’ai travaillé pour une marque de déodorant américaine et j’ai bombé de couleurs tous les produits, le client m’a laissé faire, il m’a donné carte blanche dans la vidéo pour que j’aille jusqu’au bout de mes idées. En France, il y a beaucoup plus de prudence, on ne joue pas de la même façon avec les marques.

 

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