Homekeeper, l'assistant vocal made in Normandie destiné aux seniors


Homekeeper, l'assistant vocal made in Normandie destiné aux seniors

Basée depuis 20 ans en Normandie, l’entreprise Digital Ariways est à l’origine de Homekeeper, le premier assistant vocal local à destination des seniors. Le CEO Franck Lefevre détaille le fonctionnement de cette petite enceinte révolutionnaire pour la silver économie.

 

Comment fonctionne l’assistant vocal Homekeeper ?

 

skipit-homekeeper

 

Skipit est une machine qui acerbe et diffuse de la voix. Le terminal Skipit envoie, via internet, de la voix vers la plateforme Homekeeper qui va la traiter, la transformer en texte, interpréter le texte, puis utiliser l’interprétation du texte pour activer des services.

 

L’activation des services va, dans la plupart des cas, demander des informations complémentaires à l’utilisateur. Soit le système va récupérer ces informations dans la base de connaissances qu’il possède déjà, soit il va les demander à l’utilisateur. Une fois que le système détient toutes les informations pour rendre le service, il le déclenche en allant le chercher chez un prestataire de services.

 

Concrètement, Homekeeper répond aux besoins des seniors en facilitant les services à la personne.

 

 

Comment vous est venue l’idée ?

 

Digital Airways, en partenariat avec d’autres entreprises, travaille depuis plusieurs années sur des plateformes de services et sur la gestion des interactions vocales. Nous avons souhaité associer les deux et avons ainsi créé Homekeeper.

Actuellement, une vingtaine de collaborateurs travaille sur ce projet.

 

bureaux-Homekeeper

 

 

Quel est votre modèle économique ?

 

Tout simplement, nous gérons les transactions et nous touchons une petite commission sur ces opérations. 

 

 

Vous ciblez les seniors, pourtant souvent réfractaires aux nouvelles technologies... Comment allez-vous faire pour les convaincre d’utiliser les assistants vocaux ?

 

Nous nous adressons surtout à l’entourage des seniors et aux entreprises de services qui s’occupent d’eux. Par exemple, nous travaillons en direct avec les intervenants d’aide à la personne, les services de téléphonie. Nous travaillons sur une proposition de services qui va évoluer dans le temps.

 

 

Comment le Homekeeper complète les services traditionnels d’aide à la personne ?

 assistants-vocaux

À titre d’exemple, faire des rapports de visite aujourd’hui est très complexe car les aidants remplissent le carnet de liaison mais, par la suite, cela n’est pas traité ou pas lu par la bonne personne.

Avec Homekeeper, l’aidant parle avec l’assistant vocal. L’intelligence artificielle permet la compréhension de l’information, la mise en place d’une action, et la transmission de l’information au médecin.

Les services ne vont absolument pas remplacer les métiers physiques mais ils vont fluidifier la logistique et compléter l’efficacité des entreprises de services.

 

 

Quelles sont les stratégies pour humaniser les assistants vocaux ?

 

Nous travaillons avec un magicien / mentaliste qui nous aide sur la formulation des phrases afin qu’elles soient extrêmement compréhensibles. Il travaille main dans la main avec les informaticiens et, en parallèle, il est attentif à la gestion de la satisfaction et au plaisir des consommateurs. Ainsi, notre robot est au service de l’utilisateur tout en respectant les codes relationnels.

 

Les GAFA utilisent une seule voix pour tous les échanges. Cette neutralité ne laisse percevoir aucune différence émotionnelle en fonction des sujets.

Avec Homekeeper, nous utilisons des voix différentes selon les demandes. En d’autres termes, nous reprenons le principe de la matinale à la radio où une voix est associée à une thématique.

 

 

Selon vous, quelles sont les limites des assistants vocaux ?

 

Dans le secteur des objets connectés, il y a deux domaines de l’IA (intelligence artificielle) :

Le Deep Learning : la génération automatique d’application ;

La gestion du dialogue.

 

Forcément, il y a une tentation d’automatiser au maximum  et donc d’abuser du Deep Learning. Si cette automatisation est extrême, cela devient incompatible avec la qualité de l’expérience utilisateur.

La limite principale est donc de déterminer les services qui seront inventés par les robots et ceux qui devront continuer à être créés par des hommes.

Chez Digital Airways, nous pensons que les services et les applications doivent être réalisés par des hommes et des magiciens. Le Deep Learning ne peut pas répondre à une expérience de qualité.

 

 

Les assistants vocaux pourraient-ils rendre les consommateurs de plus en plus assistés et de moins en moins autonomes ?

 

C’est une question que je me pose chaque jour. Chez Homekeeper, nous nous interrogeons quotidiennement pour produire des services dans lesquels il n’y a jamais d’assujettissement de l’humain au robot.

Nous sommes attentifs à améliorer la qualité de service et non pas à augmenter l’efficacité qui réduit notre propre espace de liberté.

 

 

Quelles sont les prochaines étapes dans le développement de Homekeeper ?

 

Le projet de Recherche & Développement Homekeeper est soutenu financièrement par l’État dans le cadre d’un appel à projet. Le soutien des fournisseurs de services est fondamental dans notre développement.

 

Dès ce début d’année 2019, Homekeeper sera expérimenté dans les 300 premiers foyers et, tout au long de l’année, c’est une dizaine de services qui sera déployée.

 

 

Quels sont vos conseils pour les étudiants de l’ISCOM qui débutent leur création d’entreprise ?

 

Je leur conseillerais de travailler avec les autres.

Pour monter son projet, inclure des parties prenantes et trouver des partenaires est fondamental.

 

 

franck-lefevre

 

À propos de Franck Lefevre... Multi-entrepreneur depuis les années 1980, Franck Lefevre dirige actuellement Digital Airways, un laboratoire d'innovation numérique qui conçoit et développe depuis 1998 des produits innovants pour ses clients industriels.  Les domaines de prédilection de Franck sont l'entrepreneuriat, le marketing de l'innovation, le développement de nouveaux modèles techniques et économiques. Ses compétences techniques portent principalement sur l'architecture et le développement des systèmes et de leurs interfaces utilisateurs.

 

 

 

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