Comment conjuguer bien-être étudiant et développement durable ?

Zoom sur les initiatives lancées à l'ISCOM Lyon avec Philippe Gisclon...

banner iscom lyon
Comment associer confort des étudiants dans leur expérience d’apprentissage tout en prenant en compte les enjeux d’un bâtiment eco-responsable ? C’est le défi relevé par l’ISCOM à Lyon, au sein de son nouveau bâtiment certifié bail vert. De quelle manière l’école s’est intégrée dans son nouvel environnement ? Quels dispositifs ont été créés pour favoriser le bien-être étudiant tout en prenant en compte la nécessité d’optimiser les ressources ? Entre efficacité énergétique, tri sélectif et confort visuel, le Directeur adjoint de l’établissement, Philippe Gisclon, revient sur la genèse du projet et sur les innovations proposées au sein de l’ISCOM Lyon.

 

Comment le bâtiment de l’ISCOM Lyon a-t-il été pensé et conçu ?

VIGNETTE ph gisclon SITELa naissance de ce bâtiment est le fruit d’une longue réflexion. Nous avions d’abord deux objectifs. Le premier, c’était de répondre à nos impératifs d’école et d’être au plus près des besoins de nos étudiants. Comment être en phase avec leurs aspirations ? De quelle manière envisager le rapport à l’autre et au travail ? Le deuxième objectif, c’était d’inscrire ce bâtiment dans une logique eco-responsable et respectueuse des critères environnementaux définis par l’ADEME. En définitive, nous souhaitions associer le confort de nos étudiants au désir d’améliorer les attributs éco-responsables du bâtiment.
Nous avons mené une réflexion globale sur nos équipements, qu’il s’agisse du mobilier, des décorations ou de l’agencement des espaces, avec une envie manifeste de privilégier l’approche design. En réalité, le confort de l’œil est aussi le confort de la personne. C’était pour nous essentiel d’imaginer un environnement agréable à vivre.

 

 

Pourriez-vous nous donner un exemple concret des installations réalisées pour le confort des étudiants ?

De toute évidence, il nous a semblé important de travailler sur leur confort visuel. C’est une approche globale pour qu’il y ait une vraie complémentarité entre lumière extérieure et intérieure. Par exemple, nous avons choisi d’élargir les centaines de fenêtres du bâtiment, avant tout pour maximiser l’entrée de la lumière naturelle dans les locaux. Dans le même temps, nous avons opté pour un éclairage basse consommation à l’intérieur de l’école. D’ailleurs, nos locaux étaient les premiers de la ville de Lyon à être 100% éclairés en LED. A l’ISCOM Lyon, les éclairages sont automatisés, ce qui signifie que tous les espaces s’allument et s’éteignent de façon automatique. Et puis, un dernier point qui me paraît essentiel, c’est le choix de l’éclairage adaptatif dans toutes les classes. Ce dispositif innovant permet d’optimiser l’égalité du taux d’éclairement des différents espaces de la pièce, pour que les étudiants aient un confort visuel le plus optimal possible.


Est-ce que le bâtiment dispose aussi d’autres dispositifs innovants ?

Bien sûr. J’aimerais d’ailleurs aborder deux aspects importants, l’isolation phonique et thermique. Nous avons fait installer un prototype de climatisation qui n’utilise aucun produit toxique. Le seul fluide, c’est de l’eau. Dans le même registre, les modes de travail évoluent, et lorsqu’on privilégie une approche plus collaborative, l’isolation entre les salles est fondamentale. De fait, nous avons aussi procédé à l’isolation phonique du bâtiment en raison notamment de la proximité avec la ligne ferroviaire menant à la Part-Dieu.

 

Comment se manifestent les autres initiatives eco-responsables de l’école ?

Nous sommes clairement conscients des enjeux environnementaux et défis sociétaux. Par exemple, nos déchets et notre consommation de fluides, eau et électricité notamment, sont audités tous les mois conformément à nos engagements pris dans le bail vert. Et puis nous avons sélectionné un prestataire, Voie verte, un primeur qui cuisine pour l’école et garantit des produits issus d’une agriculture responsable et raisonnée. Il s’agit là de proposer à nos étudiants une alimentation saine, dans laquelle leurs sont proposés : légumes, salades ou encore plats cuisinés. Avec ce dispositif, nous pouvons assurer la qualité des produits. Nous avons aussi décidé de faire entrer la nature au sein même de l’école en créant une galerie. Cet espace de vie s’apparente à une serre. C’est un espace privilégié pour les étudiants dans lequel ils respirent la sérénité aux côtés de bananier, oranger et autres plantes tropicales.
À l’école, il y a d’autres espaces du même type, comme un jardin qui permet aux étudiants de manger dehors, se reposer…

Avez-vous remarqué des modifications de comportement des étudiants depuis l’aménagement des locaux et cette approche éco-responsable ?

En termes d’ambiance, oui. Les étudiants arrivent plus tôt et partent beaucoup plus tard. Naturellement, ils passent plus de temps dans l’école, ont plaisir à échanger et travailler ensemble, parfois même de façon informelle. Je constate qu’il y a une relation à l’espace qui a changé.


Parallèlement, l’école travaille beaucoup avec son écosystème régional, racontez-nous…

L’école est très proche de l’écosystème startup. Nous avons plaisir à accueillir des entrepreneurs qui partagent avec les étudiants leurs réussites mais aussi leurs échecs, qui sont souvent source de rebond pour progresser. Pour nous perfectionner sur les enjeux technologiques, nous avons aussi rejoint le Learning Lab Network.
C’est une véritable source d’inspiration et de partage de bonnes pratiques sur les process créatifs, notamment ceux expérimentés au sein du laboratoire IDEA de l’EM Lyon et Centrale Lyon. En capitalisant sur ces expériences et en les adaptant à nos usages, nous avons procédé à l’intégration physique de matériel dans nos locaux puis développé nos propres solutions logicielles.