Le bien-être au travail contribue à la performance économique : Loïc Dumoulin-Richet

Découvrez ce qui caractérise une entreprise Great Place to Work®...

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Être Great Place To Work, c’est un peu le graal pour les entreprises.
De fait, figurer dans ce classement de référence, c’est autant l’opportunité de renforcer leur attractivité que de montrer leur attachement aux conditions de travail de leurs salariés. Mais concrètement, quels sont les critères d’une entreprise où il fait bon travailler ? Assurément, ils ne sont pas liés au nombre de baby-foot installés mais plutôt à une culture d’entreprise réfléchie et qui fait sens, à un mode de management ou à des relations de travail sereines et bienveillantes. Loïc Dumoulin-Richet, Directeur de la Communication de Great Place To Work, revient sur les leviers qui permettent d’évaluer une entreprise où il fait bon travailler.

Aujourd’hui, il semble que les entreprises prennent conscience de l’importance du bien-être au travail, pour quelles raisons ?

VIGNETTE loic dumoulin 2Oui, c’est vrai qu’en France il y a un regain d’intérêt pour le sujet de la Qualité de Vie au Travail, et ce depuis les années 2010. En fait, de plus en plus de dirigeants comprennent qu’il est nécessaire de prendre en compte le bien-être des collaborateurs. J’ai même le sentiment que le phénomène du bien-être au travail va s’amplifier et justement, je le compare souvent à la révolution numérique. Ce que je veux dire par là, c’est que cette révolution culturelle va être indispensable pour toutes les entreprises.
Pour autant, la France est loin d’être en avance sur le sujet du bien-être au travail. En Europe, les pays scandinaves sont très à la pointe sur les questions de mode de travail et de collaboration. En Suède par exemple, l’évaluation annuelle des entreprises est obligatoire dans la loi.

 

 

Toutes les entreprises peuvent-elles devenir "Great Place to Work" ? Dans les faits, oui. Aujourd’hui, toute entreprise, quels que soient sa taille, son secteur ou son histoire peut potentiellement être une entreprise où il fait bon travailler.
Une entreprise dans laquelle il fait bon travailler est également une entreprise plus efficace. Quand les collaborateurs travaillent dans de meilleures conditions, ils s’investissent davantage et cela participe à créer de la performance économique. Nous avons mené des études sur différents critères. De façon significative, les entreprises conscientes des enjeux de qualité de vie au travail performent mieux.
In fine, leur taux de turn-over comme l’amélioration du service aux clients sont meilleurs. Après, c’est aussi un cercle vertueux : plus l’entreprise réussit économiquement, plus elle va s’investir pour ses salariés.

 

Est-ce que cela signifie que les entreprises sont en train de changer leur modèle et leurs modes de management ?

Effectivement, il y a un mouvement positif autour de la Qualité de Vie au Travail. Aujourd’hui, cette question est devenue centrale dans le développement des entreprises.
D’ailleurs, certaines grosses sociétés ont déjà changé de modèle social. Elles construisent des relations basées sur la confiance, mettent le collaborateur au centre, sont davantage à l’écoute de leurs préoccupations. D’autres sont structurées autour du bien-être de leurs collaborateurs. J’ai à l’esprit Davidson Consulting, qui est numéro 1 du palmarès européen et aussi numéro 1 en France depuis plus de 4 ans, dans la catégorie des entreprises de plus de 500 collaborateurs. C’est une entreprise assez récente, elle a été créée en 2005.
Mais au cœur de son projet d’entreprise, il y a cette vocation : faire en sorte que les salariés soient bien, qu’ils travaillent dans de bonnes conditions et qu’ils puissent aussi développer des compétences. C’est naturellement pour ces raisons que dans cette entreprise, le turn-over est relativement bas.


Comment est né l’institut Great Place To Work ?Si l’histoire de Great Place To Work débute aux Etats-Unis en 1992, les travaux de son fondateur, Robert Levering, remontent à bien plus loin. En réalité, c’est l’un des précurseurs de la thématique du bien-être au travail. En tant que journaliste, il s’y est d’ailleurs intéressé dès les années 1970. Il a même écrit deux livres sur ce sujet dans les années 80 et c’est également lui qui a lancé le modèle de l’entreprise où il fait bon travailler. Au départ, Great Place To Work s’est beaucoup étendu aux Etats-Unis. Puis en 2002, à la faveur d’un appel d’offre de la commission européenne sur la RSE, la structure s’est installée en Europe. Aujourd’hui, nous sommes présents dans 57 pays à travers le monde et l’institut est en plein développement en Afrique.
En France, nous sommes une équipe de 35 personnes dont une dizaine de consultants externes.

 

Concrètement, quel est le champ d’intervention de l’institut ?

Great Place To Work a une vraie valeur sociétale. Déjà, l’institut s’est donné une mission : celle de construire une société meilleure en aidant les organisations à devenir des entités où il fait bon travailler pour tous. C’est clairement ce qui nous anime au quotidien. Et puis une entreprise dans laquelle les collaborateurs ont plaisir à travailler, c’est une entreprise qui a une réelle performance sociale et économique.
Aujourd’hui, notre prisme d’actions s’articule autour de trois métiers. Notre premier métier, probablement le plus connu, c’est l’évaluation. C’est dans ce contexte que nous réalisons notre palmarès annuel.
Le deuxième, c’est l’accompagnement, la formation et le conseil au sein des entreprises. Enfin, notre troisième métier, c’est l’inspiration. Cela se traduit par exemple dans le partage de bonnes pratiques, les publications ou encore les conférences que nous organisons.

Quels sont les critères pour être une entreprise dans laquelle il fait bon travailler selon Great Place To Work ?

Pour faire simple, il y a deux points de vue, celui du salarié et celui du manager.
Qu’est-ce qu’une entreprise où il fait bon travailler pour un collaborateur ? D’abord, il faut que les collaborateurs aient confiance dans le management de leur entreprise. Ensuite, qu’ils soient fiers de leur travail et enfin, qu’ils apprécient leur environnement de travail, notamment les relations avec leurs collègues.
À l’intérieur de ces 3 postulats, il y a d’autres dimensions qui interfèrent.
Par exemple, dans la relation de confiance entre l’encadrement et le salarié, nous mesurons le respect, la crédibilité et l’équité du management.
Sur la relation qu’entretient le salarié à son travail, la dimension qui est importante pour nous, c’est le sentiment de fierté. Fierté de contribuer personnellement à la réussite de l’entreprise, fierté d’appartenir à une équipe et enfin, fierté de l’image de son entreprise.
Et pour finir, pour la partie liée à l’environnement de travail, nous mesurons la convivialité au sein de l’entreprise.

En ce qui concerne le deuxième volet du diagnostic, l’institut se place du côté de l’entreprise. Nous prenons appui sur un dossier qui reprend toutes les pratiques managériales de l’organisation, à partir de 9 leviers d’action. Les entreprises doivent décrire leurs pratiques, les illustrer puis les prouver.
Parmi les critères, il y a : recruter, accueillir, célébrer (les bonnes nouvelles) et partager (bénéfices, informations). Les trois leviers suivants sont : inspirer, communiquer et écouter. Et puis, nous analysons aussi l’atteinte des objectifs et le climat de confiance.

 

À propos de Loïc Dumoulin-Richet
Après 5 ans dans le secteur de la musique (éditions, label, spectacle vivant) à des postes en communication et marketing, Loïc Dumoulin-Richet rejoint l’institut Great Place to Work® en 2014. Il y pilote le développement de la marque au travers des événements (Palmarès, conférences etc), des relations avec les médias et les partenaires, et de la production de contenus (études, bonnes pratiques etc).