Chief Happiness Officer : le métier qui dynamise l’entreprise

Et si vous aussi vous deveniez responsable du bien-être en entreprise ?

Un foisonnement d’articles de presse et une multitude de reportages télévisés : nul doute, vous avez forcémment entendu parler du métier de Chief Happiness Officer (voire responsable du bonheur en entreprise, Happiness Manager ou Feel Good Manager, c’est selon). Pour autant, ce n’est pas toujours évident de cerner les contours de ce poste, tant les missions diffèrent en fonction des entreprises. D’où vient cet engouement pour ce métier ? Cette fonction a-t-elle vocation à s’installer durablement dans l’entreprise ?

Pour mieux comprendre le rôle de Chief Happiness Officer (CHO), rien de tel qu’un échange avec Amélie Motte, qui occupe justement ce poste au sein de la Fabrique Spinoza, le think-tank du bonheur citoyen.

 

 

Le Chief Happiness Officer, est-ce un effet de mode, une utopie ou le nouveau poste clé de l’entreprise ?

 

VIGNETTE amelie motte SITELe Chief Happiness Officer (CHO) apparaît aujourd’hui comme la figure emblématique qui cristallise le changement de paradigme en cours, amenant aujourd’hui de plus en plus d’organisations à ne plus seulement adopter une posture défensive centrée sur la prévention des risques psychosociaux mais à s’ouvrir à une posture positive centrée sur l’épanouissement des femmes et des hommes au travail.


Les CHO, on en parle beaucoup mais ils sont encore peu nombreux dans les organisations : une centaine de personnes revendiquent ce titre sur le réseau linkedin.
Et l’image renvoyée par les médias est souvent réduite à celle d’un gentil organisateur d’apéros et parties de babyfoot.


Les entreprises non plus ne mesurent pas encore la valeur ajoutée que pourrait avoir cette fonction. 40% des offres d’emplois de CHO en 2016 s'adressaient à des stagiaires (Joblift, 2017). Pour avoir un impact profond et durable, il faut que le mandat du CHO soit plus vaste que la convivialité, même si cette dimension est fondamentale : un collaborateur qui a un ami au travail a 8 fois plus de chances d’être heureux.
Il doit porter un regard systémique et avoir les moyens d’agir sur l’ensemble des processus de l’organisation. Par exemple, Laurence Vanhée, ex-CHO de la Sécurité Sociale Belge a transformé le ministère en remettant l’humain au coeur.


Et les résultats sont là : diminution de l’absentéisme (-26%), diminution des démissions (-75%), augmentation de la productivité (+20%), progression des candidatures spontanées (+500%). Finalement, l’impact du CHO dépend largement du mandat qui lui est confié par la direction.

 

 

Quelles sont les qualités qu’un CHO doit avoir ? Existe-il une formation spécifique ?

 

Des formations commencent à émerger chacune avec un angle spécifique. Mais il n’existe pas encore de formation initiale. Aujourd'hui, des formations globales en communication et ressources humaines peuvent permettre de devenir Chief Happiness Officer. Cela sera certainement le cas dans quelles années lorsque les contours de ce métier seront mieux définis. La qualité principale d’un CHO est d’avoir la conviction qu’il est essentiel de remettre l’humain au coeur de nos organisations.

 

 

Quels sont selon-vous les dispositifs essentiels pour améliorer la Qualité de Vie au Travail ?

 

Une première étape de diagnostic est fondamentale. Elle permet de faire un état des lieux, mesurer le niveau de bonheur dans l’organisation. Cela peut se faire à traver la mise en place de baromètres, d’applis, d’entretiens, focus groupes etc. Il est important de savoir d’où on part et où on veut aller. Au cours de nos recherches, nous avons identifié 12 grands déterminants du bonheur au travail :


Conditions de travail, Rémunération et avantages, Sécurité de l’emploi, Relations humaines, Formations et perspectives, Relation au temps, Nature du travail, Modes d’organisation du travail, Ethique et valeurs, Gouvernance, Management, Relation à la vie privée.


Ces leviers montrent la diversité des opportunités de transformations, au coeur de l’organisation. Chacun constitue un de nos chemins d’action pour une mutation positive et profonde.