Olivier Guez, Prix Renaudot 2017, en conférence à l’ISCOM Lille

Rencontre avec l'auteur du livre La Disparition de Josef Mengele...

banner dispartion mengele

COMMENT UN HOMME PEUT-IL PLONGER DANS LE MAL ABSOLU ?
Olivier Guez a reçu le prix Renaudot 2017 pour son roman La disparition de Joseph Mengele. L’auteur nous a fait l’honneur de présenter son œuvre dans l’amphithéâtre de l’ISCOM Lille. Cette interview a été animée par la journaliste et romancière Virginie Carton, le jeudi 8 février 2018. Retour sur cet évènement !

 

Sur les traces de La Disparition de Joseph Mengele

Dans un contexte d’après-guerre, l’auteur nous emmène sur les traces de La Disparition de Joseph Mengele, le médecin tristement célèbre d’Auschwitz. L’auteur revient sur sa fuite en Argentine de 1949 à sa mort dans une favela au Brésil en 1979. L’exactitude de son récit est dû à des recherches intenses et une documentation fournie sur le personnage, qu’il qualifie de médiocre. Pour Olivier Guez, c’est cette médiocrité et cette ambition absolue de gravir l’échelle sociale nazie qui a poussé J. Mengele, jeune médecin, à commettre ces crimes de guerre. En effet, cet homme s’est transformé en monstre au sein du camp de concentration en envoyant plus de 400 000 personnes à la mort.

Le roman revient sur le Mengele paranoïaque, celui qui en 40 ans d’exil, a perdu son identité jusqu’à se terrer comme un rat pour échapper aux services du Mossad et donc, à un procès devant une cour.

Olivier Guez nous explique qu’il y a un double sens à sa disparition. Non seulement personne ne savait vraiment où il était pendant toutes ces années, mais cette paranoïa constante, cette vie de fugitif isolé l’a fait disparaitre.

 

Un roman de non-fiction

Olivier Guez définit Mengele comme un homme qui "fait partie des gens forts avec les faibles et faibles avec les forts ".
Après avoir étudié la période sombre qu’était la Seconde Guerre Mondiale, il a voulu étudier ce personnage devenu l’un des mythes de l’insaisissable à partir duquel des livres et films ont été produits.
Il a recouru à un processus d’écriture assez long se divisant en cinq étapes. La première fut une longue période de documentation à travers des livres, des archives mais aussi des voyages, comme en Allemagne. La seconde utilise les mêmes techniques d’investigations mais plus centrées sur Mengele. Ses voyages en Amérique du Sud lui ont été d’une grande utilité. Grâce à des archives trouvées sur le terrain, il a pu retracer les pas de Mengele et rencontrer ainsi des personnes l’ayant côtoyé. Il a dans une troisième étape trié les informations intéressantes à l’aide de fiches, puis structuré le tout grâce à un plan détaillé. Enfin, dans un dernier temps, il est passé à la phase d’écriture.

Toutes ces recherches et techniques lui ont permis de cerner au maximum le personnage de Mengele dans la réalité et d’en écrire "un roman de non-fiction".

 

Avez-vous écrit ce livre afin qu’on ne reproduise pas les mêmes erreurs ?
"Non je ne crois pas… si en fait, c’est surtout un livre sur le mal ; comment un homme médiocre comme vous et moi peut plonger dans le mal absolu" .
Cette question du mal est traitée tout au long du livre en comparant l’homme de pouvoir qu’il était à Auschwitz et l’homme traqué, isolé durant sa funeste fuite.

 

 

À propos d'Olivier Guez : essayiste, journaliste et romancier.

Olivier Guez est un écrivain, journaliste, essayiste et scénariste Français.
Après des études à Sciences-Politiques Strasbourg puis à la London School of Economics il devient journaliste indépendant pour plusieurs grands médias internationaux, dont le New York Times, Le Monde, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, Le Figaro Magazine, L'Express, Le Point…
En 2015 il travaille au scénario du film Fritz Bauer, sujet qui traite de la capture de l’officier nazi, Eichmann, retrouvé en Amérique du Sud. Sur le même sujet, Olivier Guez décide de travailler sur le cas Mengele. Il sort le roman La Disparition de Josef Mengele aux éditions Grasset qui est salué par la critique. Ce roman de non-fiction obtient le prix Renaudot en 2017.



Comments