Normandy French tech : un élan normand pour un écosystème innovant

Immersion au coeur de l'univers startup avec le président de Normandy French Tech, Alexandre Martini...

Le directeur de l’ISCOM à Rouen, participe depuis quelques années à la construction d’un écosystème innovant en Normandie. Il a cofondé NFactory, le premier accélérateur/investisseur privé normand et dans la foulée pris la présidence de la Normandy French Tech. Il revient sur les missions de la Nornandy French Tech, son projet pour ce label, la nécessité de stimuler l’entrepreneuriat à l’échelle régionale.

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Comment avez-vous été amené à prendre la présidence de la Normandy French Tech ?

Pour l’expliquer il faut remonter à 2015. A cette période, je soutiens une startup pour laquelle je me rends au Mobile World Congress à Barcelone. Je découvre là-bas une énergie incroyable, l’impact du numérique sur le business et surtout l’hyperdomination de l’Asie et des USA sur toute cette nouvelle économie. Je rentre en Normandie avec l’intention de porter cette dynamique en France et surtout dans ma région. Je croise la route de Jean Louis Louvel, président du groupe PGS, Gael Duval, ingénieur de talent et Emmanuel Da Costa, expert en communication digitale. Nous associons nos compétences et nos réseaux pour créer ensemble en 2016 l’accélérateur Nfactory. L’année suivante, je propose ma candidature à la présidence de la Normandy French Tech qui cherche un second souffle après deux ans d’existence. Comme je suis l’un des cofondateurs du premier accélérateur/investisseur privé normand, ma candidature, légitime, est validée.

 

Quelles sont les missions de la French Tech et plus particulièrement de la Normandy French Tech ?

La French Tech a pour missions de fédérer tous les acteurs de l’écosystème innovant (écoles, recherche, entreprises, institutions …), les inciter à collaborer, à travailler ensemble, d’accélérer les startups pour leur permettre de prendre une vraie place sur le marché, et enfin de les faire rayonner à l’international. Quant à la Normandy French Tech, elle a les mêmes objectifs mais les déploie à l’échelle régionale et nationale.

 

Quel a été votre premier chantier pour la Normandy French Tech ?

Nous avons mis en place pour la marque une charte d’utilisation qui est un copier-coller de celle de la French Tech. Le principe, c’est de libérer la marque Normandy French Tech pour inciter tous les acteurs de l’écosystème régional innovant à la porter. Elle devient collective, accessible à tous à condition bien sûr d’en respecter les codes et les valeurs ; tous les outils (logo, charte…) sont disponibles sur le site web. Ce procédé plutôt inhabituel donne plus de visibilité à la marque et par voie de conséquence renforce la visibilité de tous ceux qui la portent.

 

Quels sont, d’après vous, les atouts de cette marque ?

La marque associe deux représentations qui ne laissent pas indifférent : d’une part la Normandie avec son histoire, ses conquêtes et une notoriété qui dépasse largement nos frontières – c’est la région la plus connue dans le monde après la Californie – et d’autre part la French Tech, un label bien installé qui bénéficie d’une très bonne image en France et à l’étranger. La marque Normandy French Tech porte logiquement une belle promesse : celle d’un élan normand pour un écosystème innovant.

 

En quoi l’ancrage régional est un levier pour l’éclosion et la croissance des startups ?

A l’usage, nous constatons que la région est la bonne échelle pour développer un écosystème ; les ressources sont suffisantes et les distances raisonnables. Car pour faire travailler ensemble les acteurs, il faut une proximité géographique et que chacun soit " à portée de voiture". Même à l’ère numérique, la construction d’un écosystème passe par des rencontres physiques…

 

Et la Normandie est-elle une région particulièrement propice au développement de cet écosystème ?

On assiste aujourd’hui à un phénomène - conjoint à celui de la mondialisation - qui est celui de la métropolisation. Ce sont les très grandes villes qui tirent la croissance économique. Or, la Normandie, avec son axe Seine, s’inscrit dans la dynamique du Grand Paris. Des villes comme Rouen, Le Havre ou Caen développent une attractivité qui va sans doute contribuer à doper l’écosystème innovant normand.

 

Inversement, quels sont les bénéfices pour le territoire normand de développer un tel écosystème ?

On a pendant longtemps opposé la nouvelle économie et l’ancienne. Aujourd’hui, on comprend que l’une profite à l’autre. On constate qu’il y a un effet d’entrainement et que la création d’emplois au sein des startups permet à terme de pérenniser l’emploi dans l’industrie. En Normandie, on trouve de nombreuses entreprises dans les secteurs de la pétrochimie, de la chimie fine, de l’aéronautique, de la logistique…. Nos startups représentent un moyen d’accompagner toute cette industrie dans sa transition numérique. D’ailleurs, pour favoriser ce mouvement, un nouveau label - la French Fab – vient d’être lancé à destination des acteurs innovants du monde industriel.

 

A partir de votre expérience au sein de la Normandy Tech et de l’accélérateur/investisseur Nfactory, que pouvez-vous nous dire du profil idéal du startuper ?

Plus que de profil idéal, je parlerai de mariage idéal car il est rare de trouver en une seule personne toutes les compétences pour lancer une activité. On est souvent face à des ingénieurs, qui ont une bonne idée mais qui ne savent pas la vendre, ou face à des profils plus marketing qui savent vendre mais dont l’idée est moins complexe sur le plan technique et peut donc rapidement être reproduite. La paire gagnante, c’est un ingénieur qui va aller très loin dans la technologie et un business developpeur qui saura marketer l’idée et la faire émerger.

 

Quels sont pour vous les points sur lequel un jeune entrepreneur doit être particulièrement vigilant ?

Le premier point de vigilance c’est "est-on prêt à payer pour la solution que je propose ?". Nous voyons parfois de jeunes entrepreneurs très satisfaits parce qu’ils ont résolu un problème. Mais finalement, c’est un petit problème ; le public fait avec et ne voit pas l’intérêt de payer pour le résoudre. Le deuxième point de vigilance, c’est "comment je vais faire connaître mon produit, mon service". C’est là que les communicants et les gens de marketing ont une place centrale. Nous sommes aujourd’hui face à une telle surcharge de communication qu’il faut vraiment du talent pour se faire voir et se faire entendre.

 

Et d’une manière plus générale, quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent lancer leur activité ?

Il y a aujourd’hui un véritable enjeu sur la rapidité. Pour conserver son avantage de first mover, il faut monter très vite en compétences dans tous les domaines. Pour y arriver, on a intérêt à se rapprocher d’entrepreneurs qui ont déjà fait ce chemin et qui vont aider à couper les virages. Il faut se rapprocher de ces personnes pour bénéficier de leur expérience plus que de leur expertise. C’est ce que fait précisément Nfactory qui, au fil des mois, a créé une véritable communauté d’entrepreneurs qui permet à chacun de bénéficier de l’expérience des autres.

 

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