Yann Kervarec, ISCOM 2000, Responsable Département Innovation

Yann Kervarec, spécialiste de l'e-commerce et des technologies revient sur son parcours...

Yann Kervarec, à sa sortie de l’ISCOM en 2000, connaît les débuts de l’e-commerce dont il devient au fil des années un spécialiste. Après avoir évolué en agence, chez l’annonceur et au sein d’un incubateur, il a récemment rejoint la banque Oney à la tête du département Innovation.

banner kervarec

"Ce à quoi on s’attache beaucoup aujourd’hui, c’est faire vivre une expérience personnalisée, exceptionnelle, fluide, rapide à l’utilisateur. On ne peut plus aller de catégorie en catégorie, il faut que l’utilisateur puisse trouver vite ce dont il a besoin."

 

Quelle a été votre première expérience dans le e-commerce ?

Juste après l’ISCOM, je rejoins en 2001 Pictime, à l’époque l’une des premières agences web de la région Nord-Pas de Calais. Pictime travaille alors avec les grands retailers : Auchan, Kiabi, Boulanger…Pendant la première année, j’écris des contenus web et fais du référencement pour rendre toutes ces marques plus visibles sur le net. Les quatre années qui suivent, je suis responsable du pôle trafic. J’identifie de nouvelles solutions et les mets en place pour doper la fréquentation des sites des grandes enseignes…Ça passe par les tests de plateforme d’affiliation, la mise en place de comparateurs de prix, les campagnes d’achat de mots clés notamment pour les vpcistes comme Quelle ou les 3 Suisses.

 

Puis en 2006, vous intégrez le groupe PPR…

Oui et plus précisément Vertbaudet pour lequel je deviens le premier traffic manager…A l’époque c’est un vrai défi car Vertbaudet est une enseigne traditionnelle et il y a vraiment tout à faire. Mon job a donc une dimension innovante et très stimulante. Je monte des dispositifs au profit de l’acquisition digitale. Je lance une campagne de buzz marketing, un blog et de nombreuses études pour d’autres projets digitaux. En 2008, j’ai une nouvelle opportunité, je quitte Vertbaudet pour Digiport dont l’objectif est de créer un lieu favorable à l’écosystème des startups.

 

Quelles sont à l’époque vos motivations pour rejoindre une telle structure ?

C’est une aventure car c’est le début de quelque chose, il y a tout à construire. On est en 2008 et on ne parle pas encore des incubateurs, des accélérateurs comme aujourd’hui. Au sein de cet incubateur/accélérateur, je suis chargé d’accompagner les startups qui veulent se lancer dans le e-commerce et de les rapprocher des grands groupes - comme PSA par exemple - pour mettre en place des partenariats dans l‘esprit de l’open innovation. Digiport ayant vécu, je bascule rapidement sur la structure nouvellement créée Euratechnologies. Et comme la structure a aussi pour mission d’essaimer son modèle, je prends en charge la concrétisation en 2015 du premier incubateur/accélérateur spécialisé dans le e-commerce.

 

Quels sont pour vous, spécialiste du e-commerce, les enjeux actuels de la vente en ligne ?

Ce à quoi on s’attache beaucoup aujourd’hui, c’est faire vivre une expérience personnalisée, exceptionnelle, fluide, rapide à l’utilisateur. On ne peut plus aller de catégorie en catégorie, il faut que l’utilisateur puisse trouver vite ce dont il a besoin. Et puis l’autre point, c’est le dernier kilomètre ou comment livrer rapidement ce que l’internaute a commandé. Il y a d’ailleurs de nombreuses startups qui tentent de répondre à cette question.

 

Amazon semble cannibaliser toute la vente en ligne…Y-a-t-il une vraie place pour d’autres acteurs ?

C’est vrai qu’Amazon est incontournable et très performant en matière de logistique, relation client…Mais je suis persuadé que c’est un acteur disruptable. On a connu d’autres pépites dans l’histoire du web qui étaient à une époque de vrais champions puis qui ont disparu. Perenoel.fr, qui a été un gros site d’e-commerce, en est un exemple. Et puis, il est intéressant de constater qu’un pure player comme Amazon se met à ouvrir des librairies physiques…Et s’il y a un retour au "physique", de grandes enseignes comme Auchan, Carrefour ont une longueur d’avance car elles ont de l’immobilier opérationnel partout en France et même à l’étranger.

 

Depuis quelques mois, vous avez rejoint la banque ONEY…A quel poste et pour quelles missions ?

Je suis aujourd’hui Responsable du département innovation. C’est un vrai challenge parce que l’univers bancaire est bousculé par les startups mais une opportunité aussi car la fintech est un secteur porteur et très regardé depuis quelques mois.
A ce poste, je dois créer les conditions favorables à l’innovation. J’anime une équipe complémentaire et nous devons ensemble apporter de nouvelles solutions aux clients que ce soit dans les modes de paiement, la façon d’obtenir un besoin de financement ou même tout simplement de nous contacter…

 

Quels conseils pourriez-vous donner aux étudiants qui s’intéressent à l’innovation ?

Déjà, je leur recommanderais de rester toujours très curieux et s’ils ont à mettre en place un projet, je leur conseillerais de lire le "guide de la transformation digitale" de Vincent Ducrey du Hub Institute et "Lean Startup" d’Eric Ries qui donne des méthodes pour co-constuire et surtout concrétiser.

 

Votre meilleur souvenir de l’ISCOM ?Ce que j’ai aimé à l’ISCOM, c’est être en mode agence, répondre à une problématique réelle par un travail collaboratif et pluridisciplinaire.

 

Pour aller + loin 
En savoir + sur le métier de Responsable e-commerce
Découvrir le programme BAC+5 Marque et management de l'innovation